Start up

Blue Mind, la messagerie qui voit plus loin que le travail de groupe

« La messagerie n'est pas l'outil le plus approprié pour échanger des documents et véhiculer des données métier, mais c'est celui que toute le monde utilise », constate Pierre Baudracco, fondateur et président de Blue Mind, éditeur d'une messagerie d'entreprise Open Source.

Pragmatique, il a pris le parti de développer une solution qui favorise la collaboration sans bousculer les habitudes des utilisateurs. L'implémentation des nuages de tags dans OBM, la messagerie Open Source de sa précédente société Aliasource, avait été une expérience malheureuse.

L'option avait séduit les responsables informatiques mais suscité un rejet catégorique de la part des utilisateurs, obligeant l'éditeur à remettre en place des dossiers pour le classement des messages.

Même si Google est passé par là entre-temps, les pratiques des utilisateurs n'évoluent que lentement. En frontal, Blue Mind se présente donc comme une messagerie web « classique » qui gère les messages, les contacts et l'agenda, comme tout bon logiciel de travail de groupe.

Elle a toutefois le mérite de gérer le mode déconnecté, même s'il reste sur ce point des progrès à faire en raison des limites liées au système de cache des navigateurs compatibles HTML5. La start up suit d'ailleurs de près IndexDB, une base qui offre un cache plus évolué.

L'architecture de Blue Mind

L'architecture de Blue Mind. C'est au niveau du bus BM-Core, par lequel transitent aussi les courriers électroniques, que peuvent être définis des règles de gestion.

Globalement, un gros effort a été porté sur l'architecture. « Tout est pilotable depuis des services web », précise Pierre Baudracco. Le logiciel intègre, en outre, un système de notification permettant à des applications tierces de s'abonner à des événements et de créer des plug-in métier.

Un premier développement a été mené avec le logiciel de gestion de la relation client e-Deal. Un autre est en cours avec Avencall pour tirer profit des communications unifiées et aller au-delà du « Clic to Call ».

Il s'agit, par exemple, de basculer automatiquement les appels entrants vers un autre poste en fonction des disponibilités affichées dans l'agenda. 

En attendant, dès ce trimestre, la start up va ajouter la brique messagerie instantanée puis viendra un mécanisme pour  déporter automatiquement les pièces jointes dans un référentiel partagé, à l'instar de ce que propose Calinda Software pour Sharepoint.

Définir les scénarios métiers

Un pallier supplémentaire sera franchi lorsque le projet de Cloud français SVC (Secure Virtual Cloud), auquel participe Blue Mind, sera arrivé à terme. L'adoption d'une base NoSQL aisément distribuable favorisera l'ajout de traitements supplémentaires, par exemple pour analyser le contenu des messages.

« Une fois la plomberie en place, reste à définir les scénarios, ceux qui feront gagner du temps aux utilisateurs », résume le dirigeant.

Sur le plan commercial, quelques semaines après la sortie officielle du logiciel à la fin du mois d'octobre dernier, la start up avait déjà signé avec une quinzaine de clients, principalement dans le domaine public.

Si le marché de la messagerie est contrôlé par quelques grands acteurs (Microsoft, IBM et Google), il reste des places à prendre. « Les solutions étant généralement en place pour quatre ou cinq ans, cela signifie que 20% des organisations renouvellent leur messagerie chaque année », observe Pierre Baudracco.

Microsoft est indéboulonnable dans de nombreuses organisations. Blue Mind propose néanmoins un connecteur pour Outlook pour celles qui sont prêtes à quitter Exchange sans perturber les utilisateurs. Et il y a les comptes qui sont équipés de Domino ou de solutions Open Source, ceux qui se refusent à passer sous Gmail...

Blue Mind en bref

Activité : Editeur d'une messagerie collaborative Open Source.
Création :
La société a été immatriculée en octobre 2010 et une première version du logiciel est disponible depuis octobre 2012.
Cibles prioritaires :
les entreprises de taille intermédiaire, les industriels, les collectivités et le monde de l'éducation.
Effectif :
8 personnes.
CA 2012 :
Environ 500 000 €.
Financement :
Fonds propres et financement de la R&D grâce à la participation au projet SVC (Secure Virtual Cloud).
Modèle économique : Le logiciel est gratuit. La souscription intègre une mise à jour automatisée et des connecteurs pour Active Directory et Outlook.
Tarif : environ 20 € par utilisateur et par an. Des tarifs préférentiels sont réservés au monde éducatif et aux collectivités.

 

Promo Newsletter