Réseau social

Comment le groupe de BTP Mota-Engil a outillé sa stratégie d'innovation participative

Dans le cadre des matinées consacrées à l'innovation ouverte, la société de conseil en management In Principo accueillait mardi 25 octobre dans ses locaux parisiens le responsable innovation de Mota-Engil. Le groupe de construction (1,7 Md€ de chiffre d'affaires, 19 300 employés), leader au Portugal et en Amérique latine, est longuement revenu sur son projet d'innovation participative.

Depuis 18 mois, 500 collaborateurs apportent des idées et interagissent au travers de la plate-forme Innovcenter, basée sur un réseau social d'entreprise enrichi d'un module spécifique. Pour ce projet,  Mota-Engil a d'ailleurs été distingué en janvier dernier par Nielsen Norman Group. Il figurait parmi les 10 lauréats des Intranet Design Awards 2011, tout comme la société Bouygues Télécom.

Le choix du réseau social de Telligent

Pour choisir le bon logiciel, le constructeur a commencé par modéliser son processus d'innovation, il a ensuite testé plusieurs plates-formes Open Source et défini, sur Powerpoint, la plate-forme idéale, avant de réaliser plusieurs maquettes.

Il a finalement retenu le réseau social de Telligent, qui a été enrichi d'un module complémentaire, aujourd'hui au catalogue de l'éditeur américain. « La plate-forme retenue devait être au service du processus d'innovation et des utilisateurs », déclare Antonio Ruivo Meireles, responsable innovation de Mota-Engil. Autrement dit, elle devait être simple d'emploi et ne nécessiter aucune formation, à l'instar de Facebook ou LinkedIn.

Le responsable innovation était toutefois bien conscient qu'un outil, même simple, n'est pas une garantie suffisante pour faire adhérer les utilisateurs, en particulier dans une société au fonctionnement pyramidal. « Le plus important est la motivation », poursuit-il.

Rendre visible le traitement des idées et témoigner de la reconnaissance aux contributeurs

Tous les moyens de pression (de la hiérarchie vers la base et inversement) ont été utilisés. Au niveau des utilisateurs, Mota-Engil a misé sur la transparence : tout le monde peut consulter le tableau de bord. Celui-ci constitue, en outre, un outil de pilotage auquel tient tout particulièrement le responsable de l'innovation. 

« On ne peut manager ce qu'on ne peut mesurer », argumente-t-il. Tous les six mois, un bilan est dressé : nombre d'idées déposées, nombres d'opportunités générés et de projets initiés. 

Plate-forme Innovcenter de Mota-Engil

Par ailleurs, un mécanisme de feed-back informe les utilisateurs de l'état d'avancement de leurs idées. Rien de pire en effet pour un contributeur que d'ignorer ce qu'est devenue sa proposition. Mais le processus prend du temps : entre le moment où une idée est retenue comme une opportunité puis concrétisée en projet, il s'écoule plusieurs mois. 

Pour contrecarrer l'effet tunnel, source de démotivation, l'équipe en charge de l'animation de la plate-forme est invitée à passer un coup de fil aux contributeurs. Ce qui a, en outre, le mérite d'humaniser le processus. 

Le constructeur a également mis en place des systèmes de récompense (les points acquis pouvant être convertis en cadeaux) et de reconnaissance. Ces derniers ont clairement été privilégiés par les employés. 

Bien difficile de faire adhérer tout le monde 

En dépit des efforts déployés, le constructeur a dû se rendre à l'évidence : tout le monde n'est pas prêt à jouer le jeu. La peur d'être jugé, la surcharge d'informations, le manque de temps ou de motivation, la multiplication des logiciels (SAP, Sharepoint, Exchange...) constituent autant d'handicaps.

Le bilan est toutefois largement positif et Mota-Engil entend persévérer afin d'instaurer une culture de l'innovation en misant sur la participation la plus large possible. « C'est l'affaire de tous », insiste Antonio Ruivo Meireles. 

Le constructeur compte rapprocher les plates-formes d'innovation participative et de partage de bonnes pratiques. Toutes deux s'appuient sur le réseau social Telligent mais évoluent en parallèle dans des instances séparées. Ce qui nuit aux échanges et donc au dynamisme. Il prévoit également d'ouvrir la plate-forme à des partenaires extérieurs, notamment des universités, et de dynamiser l'activité sur la plate-forme.

L'une des pistes consiste à organiser des événements physiques pour stimuler la culture du partage et celle de l'innovation. C'est justement le type de prestations qu'offre le cabinet  de conseil In Principo pour accompagner ses clients dans la mise en place de modèles d'innovation ouverte et collaborative.

 

 

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