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Efel Power veut faire entendre la voix des éditeurs français

Ce mardi 10 décembre est lancée officiellement Efel Power, une association qui vise à promouvoir et à valoriser la filière logicielle française. Elle compte une trentaine de membres fondateurs, des éditeurs aux profils variés.

On retrouve des spécialistes des applications métier (E-deal, Entreprise-facile, Qualiac...), de l'infrastructure (Satelliz, Squid...), de la veille et de la recherche (AMI Sofware, Polyspot, Sindup), du traitement automatique des langues (Proxem, Temis), de la collaboration et du 2.0 (Human Connect, Jalios, Jamespot, Knowings, Silverpeas, Xwiki, Yoolink...).

Cette dernière famille est particulièrement bien représentée. Normal, plusieurs de ses membres sont à l'origine de la démarche. Ils s'étaient constitués en collectif à la fin de l'année dernière pour protester contre la décision du Cigref de retenir un logiciel américain pour animer son réseau social.

Défaut de représentation

De leurs échanges informels est née l'idée de s'organiser pour faire entendre leur voix et se poser en interlocuteurs auprès des pouvoirs publics. Ces éditeurs s'estiment, en effet, mal représentés par les organismes existants.

Les conditions pour rejoindre Efel Power

• Etre une société enregistrée en France.
 Réaliser plus de la moitié de son chiffre d'affaires dans l'édition logicielle.
• Consacrer une part significative de sa R&D sur des sites français.

A l'Afdel (Association française des éditeurs de logiciels et solutions Internet), il est reproché de faire surtout le jeu des grands, en particulier de Microsoft, qui y bénéficie d'un statut privilégié.

Quant au Syntec Numérique, s'il accueille aussi des éditeurs, il penche clairement du côté des sociétés de services.

Les éditeurs français vivent une situation paradoxale : alors que le numérique est enfin reconnu comme un enjeu stratégique, ils n'en profitent guère.

Les deux tiers des dépenses logicielles bénéficient aux éditeurs américains et les sociétés de services occupent toujours une position dominante, spécificité française.

« Le numérique sans logiciels, ce sera comme l'industrie sans usines », dénonce avec sa verve habituelle Alain Garnier, président d'Efel Power et PDG de Jamespot.

Créer un label logiciel français

L'association surfe opportunément sur le scandale Prism et insiste sur l'importance de sélectionner des éditeurs et hébergeurs français. Un choix d'intelligence économique, explique l"association, et le moyen de développer l'emploi dans un secteur en expansion.

Concrètement, l'association compte mener des actions de lobbying avec une prochaine lettre au gouvernement. Elle prévoit de mettre en place un label d'éditeur français pour flécher les achats vers des logiciels développés localement.

La demande est récurrente depuis des années : amener les grands comptes et les services publics à faire une place aux éditeurs nationaux dans leurs politiques d'équipement. Ils en sont souvent exclus, car non référencés par les centrales d'achat.

A plus long terme, l'association, qui vise à faire émerger des champions, espère rayonner au-delà du territoire français, d'où le choix d'un nom anglophone. Pour plus d'informations sur la démarche, consulter le blog d'Efel Power.

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