Entreprise 2.0 : commencer petit, pas trop vite et repenser le management

Le collectif 362.0 tenait hier mardi 20 avril sa première réunion participative au pôle universitaire Leonard de Vinci à la Défense. Le thème du jour était consacré à la diversité des pratiques collaboratives et leurs impacts sur le management des organisations.

La cinquantaine de participants étaient répartis en deux grands groupes avec, pour chacun d'eux, deux axes de de réflexion à creuser. Ces sessions étaient animées par les membres du collectif et les quatre invités : une consultante et trois « praticiens » venus de grandes entreprises : ERDF, France Télécom et Valeo. 

« Une bonne manière d'aborder les pratiques collaboratives est de démarrer par de nouveaux projets et d'en profiter pour entraîner les collaborateurs. Il importe également de respecter les rythmes d'appropriation des nouveaux usages. » C'est ainsi que Nicole Turbé-Suetens, membre du collectif, synthétisait quelques-unes des réflexions du groupe qui avait planché en une demi-heure pour définir le terrain de jeu propice au lancement d'un projet collaboratif. 

Oser s'afficher en ligne

Des préconisations auxquelles l'un des quatre invités du jour, Michel Poirot, consultant en développement personnel chez France Télécom, donnait un poids particulier. Aujourd'hui impliqué dans l'adoption d'un réseau social d'entreprise, cet ancien responsable business et marketing, aujourd'hui dans les RH, témoignait du temps qu'il lui a fallu pour créer son blog et adopter Twitter, « un formidable outil de veille ». D'ailleurs, le simple fait d'afficher son profil en ligne ne va pas de soi et peut réclamer un coup de pouce de la part de l'entreprise.

Les problématiques RH revenaient régulièrement. Le second atelier, dont l'objectif consistait à proposer des recommandations sur ce qu'il convient de faire et d'éviter, mettait en avant le besoin d'accompagnement au changement – une problématique complexe en raison des multiples impacts de l'entreprise 2.0 et de son caractère nouveau – ainsi que la nécessité de repenser les modalités d'évaluation des collaborateurs. 

Le manager 2.0, un animateur ? 

Le rôle délicat de l'encadrement intermédiaire était alors mis en évidence, surtout lorsque l'entreprise n'a pas adopté un management par objectifs. Cécile Demailly, fondatrice du cabinet Early Strategies, mentionnait l'initiative de Sogeti. La société de services, qui a déployé un réseau social d'entreprise, a éprouvé le besoin de créer une communauté Manager 2.0 pour inciter l'encadrement à réfléchir sur l'évolution de leur rôle, sans doute amené à se comporter de plus en plus comme des animateurs.

Beate Lippold, en charge de la conduite du changement suite à l'adoption des outils de Google chez Valeo, a insisté pour sa part sur le besoin également de mettre les directions générales en situation d'adopter les outils collaboratifs. 

Enfin, Fabien Laroche, de la DSI d'ERDF, société qui teste un réseau social d'entreprise, a rebondi sur l'importance de raconter de belles histoires pour promouvoir les pratiques collaboratives. « Souvent, elles viennent de jeunes embauchés qui poussent assez loin la collaboration. »

Deux heures après le début de la conférence, les participants continuaient à échanger dans les allées de l'amphithéâtre. Preuve que le sujet passionne et qu'il reste beaucoup à inventer.

 

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