Réseau social

Jive se prépare à une périlleuse entrée en bourse

Malgré la tourmente sur les marchés financiers, Jive veut s’introduire en bourse et espère lever 100 millions de dollars pour poursuivre son développement. Le leader des réseaux sociaux d’entreprise a déposé hier auprès de la Securities Exchange Commission son dossier d’enregistrement (Form S-1) qui détaille, comme la réglementation l’y oblige, les résultats de son activité.

Ce document atteste de la rapide croissance de l’éditeur dont le chiffre d’affaires est passé de 16,9 millions de dollars en 2008 à 46,2 millions en 2010. Il s’établit à 33,9 millions, en hausse de 76%, pour les six premiers mois de l’exercice 2011. L’effectif a aussi fortement progressé, passant de 159 employés fin 2009 à 358 en juin 2011.

Les chiffres clés de Jive

Mais cette croissance se traduit par d’importantes pertes. Jive reconnaît qu’il n’a jamais été profitable au cours des cinq dernières années. La perte cumulée représente 84,5 millions de dollars dont 30,6 millions pour le seul premier semestre 2011. En raison de la hausse de ses investissements et coûts de structure, l’éditeur ne prévoit pas de dégager de bénéfices dans un avenir prévisible.

La firme dirigée depuis l’an dernier par Tony Zingale (Ex PDG de Mercury Interactive) peut compter sur le soutien de Sequoia et KPCB, deux des plus célèbres firmes de capital investissement de la Silicon Valley, qui détiennent respectivement 36,2 et 14,2% du capital. Grâce aux levées de fonds déjà effectuées, elle dispose d’une réserve de 44,6 millions de dollars de cash.

De lourds investissements en infrastructure

Autre argument en faveur de l’éditeur, l’importance de la base installée de Jive Engage Platform qui compte 635 clients. Des clients qui se montrent fidèles puisque, selon Jive, 90% des contrats annuels supérieurs à 50 000 dollars ont été renouvelés en 2011. Par ailleurs, le taux de clients basculant sur le cloud, facteur d’amélioration des marges pour l’éditeur, a progressé de 55 à 59% entre 2010 et 2011.

Jive rappelle néanmoins qu’il n’est pas propriétaire de ses centres de données et qu’un lourd effort d’investissement est nécessaire pour se doter de ses propres infrastructures. C’est l’un des enjeux de cette introduction en bourse, qui renforcerait la solidité de la structure sur le long terme.

Le succès de l’opération dépendra de l’appétence au risque des investisseurs. Les réseaux sociaux ont la cote comme en atteste l’introduction réussie en mai dernier de LinkedIn. Mais ce dernier a un chiffre d’affaires sept fois supérieur à celui de Jive et il est rentable. Toute la question est de savoir si Jive a la taille critique et si ses pertes paraissent acceptables aux investisseurs.

Le jeu est donc risqué et constitue un test important. En cas de succès, Jive pourra assainir ses comptes, accélérer son développement et affirmer son statut de leader de fournisseurs de plates-formes pour les réseaux sociaux d’entreprise.

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