La conférence Boston 2.0 décryptée par Nextmodernity

La grande messe annuelle sur l'entreprise 2.0, a fermé ses portes il y a dix jours. Pour ceux qui n'avaient pu se rendre à Boston 2.0, Richard Collin et Bertrand Duperrin, de Nextmoderninty, en ont présenté les temps forts, lundi 5 juillet, lors d'une conférence-débat d'une demie-journée. Les deux spécialistes français dressent un premier constat : les entreprises ont gagné en maturité.

Des corpus de savoirs et de bonnes pratiques émergent au sein des entreprises. Celles-ci ont commencé à capitaliser à partir de leurs propres expériences et grâce au benchmarking mené avec leurs pairs.

Cette maturité grandissante se reflétait dans les retours d'expérience présentés à Boston. Si aucun d'entre eux ne sortait du lot, contrairement aux années précédentes, plusieurs méritaient toutefois de s'y attarder en raison des tendances qu'ils révèlent.

Les exemples de Sony et Mitre

Le cas de Sony est original. L'industriel japonais est venu au 2.0 pour développer ses ventes. Il s'est fixé comme objectif de faire de ses employés et de ses clients les premiers avocats de la marque dans les réseaux sociaux.

Encore fallait-il que les employés acquièrent les bons réflexes, la bonne culture. Ce qui présuppose d'avoir des valeurs et des modes de fonctionnement cohérents entre l'interne et le web public.

Sony a donc encouragé ses employés à développer le « Personal Branding ». « Ce n'est pas un concours de popularité interne, prévient Bertrand Duperrin, Il s'agit de partager des expériences et de l'expertise. »

L'exemple de Mitre apporte un autre éclairage. L'organisme d'études et de recherche travaille pour l'US Navy. Il a dû concilier contraintes de sécurité et ouverture afin d'échanger avec un grand nombre de partenaires, qui doivent eux-mêmes pouvoir converser – le maître mot de l'édition 2010 de Boston 2.0 - entre eux.  

« Quiconque travaille pour un des partenaires de Mitre a de facto un compte créé sur la plate-forme », souligne Bertrand Duperrin. En moins d'un an, des membres de plus de 200 organisations différentes ont rejoint la plate-forme.

De nouveaux défis pour l'entreprise 2.0

Ces deux exemples illustrent l'extension du périmètre de l'entreprise 2.0. Ce qui soulève de nouvelles questions qui seront examinées plus en profondeur lors de la prochaine édition de Boston 2.0. Les deux consultants de Nextmodernity notent ainsi le besoin de prendre en compte des cultures et réglementations, qui peuvent être très différentes, notamment d'un pays à l'autre.

La gestion des données personnelles est, par exemple, plus encadrée en France et en Allemagne. Les ressorts pour amener les collaborateurs à s'engager ne sont pas non plus les mêmes selon les pays. Une nouvelle complexité se fait jour à laquelle les pionniers américains n'étaient pas tous préparés.

Autre point, mais non le moindre, les relations entre l'entreprise 2.0 et les processus : les entreprises sont confrontées à deux mouvements contradictoires : se structurer et s'organiser pour accepter une perte de contrôle (sur les données, sur l'expertise individuelle...) et dans le même temps utiliser le 2.0 pour améliorer les processus existants.

« Une approche plus rationnelle, plus orientée métier se met en place qui vise à améliorer le quotidien », observe Bertrand Duperrin. Pour Richard Collin, il convient toutefois d'être vigilant: « nous sommes bien meilleurs dans la gestion des processus que dans la gestion de culture et nous avons tendance à privilégier la facilité ».

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de Nextmodernity.


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