La ville de Bordeaux inscrit la participation citoyenne dans ses processus de décision

La ville de Bordeaux vient tout juste de lancer Jeparticipe.bordeaux.fr, une plate-forme pour consulter les citoyens sur différents sujets. L’originalité de cette plate-forme est la volonté de cibler les citoyens directement concernés par une problématique pour inscrire la consultation dans le processus de décision publique sur un projet dont ils sont les bénéficiaires finals.

Des consultations ciblées par catégories de populations ou selon la localisation géographique

« Nous avons souhaité que les consultations aboutissent à des choix réels, et c’est sur la base de notre expérience que nous avons choisi de faire des consultations ciblées », explique Michel Duchène, adjoint au maire chargé du projet Cité digitale. En effet, la ville de Bordeaux a développé depuis quelques années des dispositifs de participation citoyenne qui reposent sur des réunions de proximité et des comités de quartiers. « Nous avons pensé comme d’autres que le web pouvait permettre d’étendre la consultation et l’approfondir », relate-t-il.

Ainsi, les citoyens vont être sollicités selon leur appartenance à un quartier de la ville pour la réalisation d’un équipement public par exemple, à une rue pour laquelle il est prévu un aménagement, à une population, ceux qui utilisent le vélo pour le projet d’aménagement des pistes cyclables, entre autres. Ainsi, plusieurs consultations sont déjà lancées : Lien social et engagement citoyen ; Nouveaux bordelais ; Bordeaux, ma ville cyclable ; Parents d’enfants de 3 à 11 ans.

Un outil de dialogue constant au service du mieux vivre ensemble

Michel Duchène « souhaite que le numérique ne soit pas seulement un projet technologique dans la ville, mais qu’il soit au service du mieux vivre ensemble ». C’est pourquoi, Jeparticipe.bordeaux.fr a été conçue comme un outil de dialogue permettant l’expression des citoyens sur leurs préoccupations directes, de mieux connaître l’évolution de leurs besoins, et de solliciter leur expertise d’usagers pour que les projets fassent sens en termes d’amélioration de la qualité de vie de chacun, mais aussi de la vie communautaire.

Il s’agit non seulement de les consulter pour confirmer ou modifier l’ordre des priorités de l’action publique, mais aussi pour la mise en œuvre concrète de projets prévus par le mandat municipal, en tenant compte de l’évolution de la situation. « Car un mandat c’est long, il y a des imprévus, de nouvelles problématiques se révèlent, et il ne faut pas prendre des décisions à l’aveugle. Il faut rétablir un cycle court de la décision par une consultation continue afin d’être au plus près des réalités du moment. Cela permet de maintenir dans le temps le pacte scellé entre élus et citoyens au-delà des échéances électorales », analyse Michel Duchène.

Une plate-forme à l’ergonomie simplifiée

Pour ce faire, la plate-forme, développée avec le système de gestion de contenu Drupal, présente une ergonomie simplifiée. En page d’accueil on découvre tout de suite la liste et l’intitulé des consultations. Une série de boutons décrit le cycle de vie de la consultation : A venir (bientôt ouverte), En cours (consultation ouverte), Terminé (consultation close) et Résultats disponibles (compte rendu après dépouillement de la consultation). Le bouton en surbrillance indique la phase dans laquelle se trouve la consultation.

Capture d'écran de la home du site jeparticipe.bordeau.fr

En dessous de l’intitulé, une liste de tags précise les sujets couverts par la consultation. Par exemple, la consultation « Bordeaux, ma ville cyclable » est accompagnée des tags Environnement, Développement durable, Déplacements, Aménagement, Ville. « Nous sommes en phase de démarrage, et nous allons affiner la nomenclature des tags en fonction de l’expérience », précise Antoine Bidegain, chargé de mission au cabinet du maire pour le projet Cité digitale.

Un dépouillement des résultats plus simple et plus rapide

En cliquant sur l’intitulé, l’internaute accède à un bref exposé des motifs de la consultation. « Il faut qu’en quelques phrases, l’internaute en comprenne les enjeux », explique Antoine Bidegain. Pour participer, il est nécessaire de remplir un formulaire précisant notamment le lieu de résidence et les sujets d’intérêts. Dans le champ Adresse, on ne peut pas saisir une adresse qui n’existe pas dans la communauté urbaine de Bordeaux. A priori, seuls donc les citoyens de l’agglomération peuvent s’inscrire.

Une fois inscrit, l’internaute est sollicité pour répondre à des questions sous forme de QCM (questions à choix multiples), de mise en concurrence de différentes propositions, de notation, etc. Chaque formulaire ne compte pas plus de 20 à 25 questions, « sinon, c’est trop rébarbatif et les gens ne le remplissent pas », explique Antoine Bidegain. « Nous avons adapté Drupal pour enrichir les possibilités de création de formulaires et cela nous permet ainsi d’effectuer beaucoup plus facilement et plus rapidement le dépouillement », se félicite-t-il.

Une campagne de communication pour chaque consultation

Pour susciter la participation, chaque consultation est accompagnée d’une campagne de communication et d’animation sociale avec affichage dans la ville, utilisation de Google Adwords, diffusion virale via Facebook, e-mailing sur listes de diffusion, etc. Pour cela, « nous utilisons un outil de pilotage de Drupal qui nous permet de recenser les internautes par catégories selon le type de consultation, mais aussi d’évaluer notre action en temps réel en exploitant les statistiques de la participation. Si les habitants d’un quartier ne participent pas à une consultation qui les concerne directement, c’est probablement que nous avons mal communiqué. Alors nous rectifions », explique Antoine Bidegain.

Nécessité d’un retour sur investissement pour le citoyen

Selon lui, la participation nécessite de mettre en œuvre une véritable ingénierie du community management et de l’animation sociale autour des consultations pour obtenir des résultats probants. L’opération de consultation menée avec les jeunes au printemps dernier représente pour la municipalité l’expérience référence des bonnes pratiques à mettre en œuvre. Les jeunes avaient été invités autour d’un concert à participer à un « flashvote » via le mail ou leur téléphone portable pour fixer les priorités de la municipalité parmi 17 propositions les concernant.

1873 jeunes ont participé au vote et ont ensuite été invités à l’hôtel de ville où leur ont été divulgués les résultats et exposées la mise en œuvre des actions et les échéances de réalisation. « Il est indispensable que le citoyen ait un retour sur investissement pour sa participation. Ce fut une opération exemplaire qui a largement inspiré notre démarche d’aujourd’hui », conclut Michel Duchène.

Jeparticipe.bordeaux.fr

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