Les résultats de Sinequa témoignent de la criticité des outils de recherche

Les entreprises investissent toujours plus d'argent dans les plates-formes de recherche. Ce dont profitent les éditeurs. Ainsi, Sinequa annonce un chiffre d'affaires de 12,8 millions de dollars pour l'année fiscale 2009 (close au 31 décembre), soit environ 9 millions d'euros. L'annonce de ces résultats exprimés en dollars, alors que 93% de l'activité est réalisée en Europe, traduit les ambitions et la recherche de visibilité de l'éditeur à l'international.

Le numéro un des spécialistes français indépendants depuis le rachat d'Exalead par Dassault Systèmes, il y a quelques semaines, enregistre une croissance à deux chiffres de son activité. La principale raison est la signature de quelques grands contrats à plus de un million de dollars. L'éditeur indique même avoir gagné ces derniers mois deux contrats à plus de 2 millions de dollars. L'année 2010 s'annonce prometteuse.

Plus seulement une plate-forme technologique

L'augmentation de la taille des contrats découle d'une augmentation du volume et du type de données indexées. Les outils de recherche se sont longtemps cantonnés au seul monde non structuré, mais ils s'insèrent de plus en plus dans des solutions qui prennent aussi en compte les données stockées dans les progiciels métier. SFR, par exemple, utilise Sinequa pour interroger SAP (MySearch, le moteur intranet à tout faire de SFR). « Nous ne vendons pas une simple plate-forme technologique mais une solution complète, c'est pour cela que nos clients acceptent de payer ce prix », souligne Jean Ferré, PDG de Sinequa.

L'éditeur a également revu son modèle tarifaire, mais il est difficile d'en mesurer l'impact dans les comptes. Le prix de la licence est désormais aligné sur le volume de données indexées. Une approche qui a le mérite de la simplicité et qui a été conçue, selon l'éditeur, pour offrir de la prédictibilité aux clients. Mais pour les grands contrats d'entreprise, la négociation bascule sur un prix à l'utilisateur.

La menace Microsoft

Sinequa n'est pas le seul spécialiste à voir son activité progresser. Exalead, un des pionniers dans le domaine du « Search Based Applications », a enregistré une croissance de 15% l'année dernière. Antidot est également sur une pente ascendante avec un chiffre d'affaires de 3,4 millions d'euros.

Une nouvelle version 7 de son moteur devrait annoncée d'ici quelques jours, suivie l'année prochaine par une version 8 clairement positionnée pour l'entreprise, alors qu'il équipe aujourd'hui principalement des sites de commerce électronique, de presse et des grands portails. Pour revenir sur le marché de l'entreprise, l'éditeur parie sur le web sémantique.

Si les éditeurs d'outils de recherche profitent de l'intérêt de plus en plus grand des entreprises pour leurs technologies, plusieurs écueils se dressent devant eux. Microsoft, devenu incontournable dans les intranets avec Sharepoint, est en position idéale pour placer son moteur de recherche Fast.

Ces éditeurs constituent par ailleurs des proies faciles pour les géants de l'infrastructure et de la gestion de contenu. Dans une interview qu'il a accordée à Collaboratif-info, le PDG d'Open Text ne fait ainsi pas mystère de sa volonté de muscler ses technologies de recherche via des acquisitions.

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