Rennes libère ses données publiques pour favoriser la création de services mobiles

Rennes Métropole et la ville de Rennes viennent de rendre accessible à tous et gratuitement les données numérisées en possession de leurs différents services. Elles sont désormais rassemblées sur le site data.rennes-metropole.fr. L’objectif est de permettre au plus grand nombre de personnes de développer de nouveaux services dans une logique d’innovation ouverte. Services à but lucratif ou non.

Une base de données unique

« L’ensemble de ces données étaient disséminées dans différents services ou institutions qui les réservaient à leur usage exclusif ou aux professionnels avec qui ils travaillent », relate Xavier Crouan, directeur de l’information et de l’innovation numérique de la ville de Rennes et de Rennes Métropole.

La municipalité les a donc regroupées dans une base de données unique ouverte pour permettre le développement d’applications qui intègrent l’ensemble des paramètres issus des transports en commun, du système d’information géographique qui recense et géolocalise toutes les infrastructures urbaines et l’ensemble des points d’intérêt de la ville et de la métropole rennaise.

site data.rennes-metropole.fr

Sont désormais libres d’accès les données du cadastre, du mobilier urbain, des transports publics, des services de voirie, du système de gestion des parkings, des escalators et ascenseurs publics, du bus, du métro, de Velo Star (homologue du Velib parisien), et un guide de 1600 organismes publics et parapublics, économiques, culturels et sociaux qui font la vie quotidienne des habitants, avec leurs coordonnées complètes et leurs horaires d’ouverture. Et bien d’autres données encore.

Rendre la ville plus pratique et plus accessible

Pour illustrer les possibilités, Xavier Crouan cite le service le plus évident : le calcul d’itinéraire. Par exemple, pour se rendre d’un point A à un point B, un habitant de la métropole rennaise, véhiculé ou non, pourra programmer le meilleur parcours qui intègre l’état du trafic routier, la disponibilité d’une place de parking, au besoin l’horaire du bus qui passe à proximité, puis la correspondance avec le métro qui le déposera près de la station de Velo Star la plus proche pour se rendre jusqu’à sa destination finale.

« Si vous ajoutez à cela une couche de services pour les personnes à mobilité réduite qui signale les difficultés et obstacles pour les chaises roulantes, tels que les bateaux sur les trottoirs et les pannes d’ascenseurs pour descendre dans une station de métro, ou encore, les signaux sonores des feux de signalisation pour les malvoyants, alors vous rendez la ville beaucoup plus pratique et accessible », explique Xavier Crouan.

Un moteur d’API disponible en ligne pour les développeurs

Pour ce faire, la plate-forme data.metropole-rennes.fr développée par le prestataire In Cité Solution avec la plate-forme Typo3, met à disposition des développeurs, d’une part, des fichiers complets contenant des données « froides », c’est-à-dire dont la mise à jour est semestrielle ou annuelle, et d’autre part, un moteur d’API (interface de programmation applicative) qui permet de récupérer les données de mise à jour en temps réel de l’état des réseaux pour alimenter en flux continu les applications.

La majorité des données seront libérées début octobre. Par la suite, « nous prendrons le temps qu’il faudra pour mettre à disposition des données qui permettront d’aller vers la gestion de l’événementiel, par exemple les spectacles », ajoute Xavier Crouan. Mais pour cela, il faudra alimenter rigoureusement la base de données car les systèmes de calcul d’itinéraires exigent de donner précisément une date de début et de fin pour chaque événement.

Un concours doté de 50 000 euros pour les meilleurs services

Mais, finalement, pourquoi ouvrir ces données au grand public ? C’est que le décollage de l’usage d’internet en situation de mobilité depuis l’arrivée de l’iPhone, et maintenant de ses concurrents comme Android, a changé la donne. La création de services mobiles n’est plus le domaine réservé des professionnels. Plus de 70 % des 250 000 applications disponibles sur iPhone ont été développées par des particuliers. « La ville de Londres a libéré seulement 200 paquets de données qui ont suscité le développement de près de 450 applications, c’est énorme », s’enthousiasme Xavier Crouan.

Ce dernier considère qu’il est illusoire d’essayer d’imaginer tous les usages qui émergeront du déploiement de ces technologies, « car personne ne peut vraiment le savoir ». Alors autant inviter les habitants, les collectifs, les associations et les professionnels, comme l’ont fait avec succès d’autres villes dans le monde – essentiellement anglo-saxonnes– à s’emparer de ces données pour créer des services qui répondent à leurs besoins spécifiques.

Et pour lancer la machine, la ville organise un appel à services par un concours doté de 50 000 euros de prix. Il récompensera les meilleures applications développées. Le concours sera ouvert le 1er octobre et clôturé le 1er février 2011. Un jury attribuera ensuite des prix, mais les habitants pourront voter pour décerner le grand prix du public à l’application qui les aura le plus séduite.

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