Conférence EFE

Richard Collin : « Le management doit évoluer vers le “maillagement” »

Richard Collin est directeur de l’Institut de l’entreprise 2.0 et directeur associé du cabinet Nextmodernity. Expert de la mise en réseau des connaissances et de l’innovation, il a également fondé le European Research Center for the Knowledge Age.

Le 27 mars prochain, il interviendra sur les thèmes de l’agilité et de l’entreprise en réseau lors de la 2e édition de Vers la fin du management de reporting, la conférence organisée par EFE, en partenariat avec Collaboratif-info. Il répond en attendant à nos 4 questions flash.

Richard CollinRichard Collin, directeur de l’Institut de l’entreprise 2.0 et directeur associé de Nextmodernity.

1/ Pensez-vous que les pratiques managériales actuelles soient un frein à l’innovation et à la croissance en entreprise ?
Richard Collin : De nombreuses entreprises ont d'ores et déjà compris que le passage d'un mode managérial contrôle/commande à un mode reconnaissance/autonomie/transversalité était essentiel. Elles ont compris que le passage d'un mode de processus structuré fixe associé à de la planification à un mode renforçant la capacité d'autonomie et de création des collaborateurs était devenu nécessaire pour mieux aborder les exigences de la performance, à savoir :
• optimisation du traitement des exceptions qui se multiplient,
• co-création et conversation avec son marché,
• résilience et identité collective de l'organisation, partage transversale et rapide des pratiques.
Ainsi, dans ce monde en évolution rapide, le management doit se transformer et évoluer vers le « maillagement ». On ne traite la complexité grandissante qu'en favorisant la complicité entre les participants à cette communauté de destin et de dessein qu'est devenue l'entreprise.

2/ Pour reprendre les termes du gourou du management Gary Hamel, faut-il virer tous les managers ?
Richard Collin : Gary Hamel, dans son livre « The Futur of Management » (traduit en français avec un glissement sémantique intéressant par « La fin du management » !), souligne à juste titre avec bien d'autres que dans une période de changement et d’incertitude les talents et compétences les plus utiles sont celles qui sont le moins manageables.
Engagement, originalité, élan, valeur, créativité, sociabilité, audace, transgression et non –conformisme... sont les qualités qui désormais favorisent la création de valeur.
Dans le même temps, se pose la question d'une forme de ré-engineering de la décision qui nous oblige à inventer des approches managériales innovantes qui favorisent à la fois la performance de l'organisation et l'engagement des collaborateurs.
Période passionnante de Work in Progress pour laquelle les impératifs de confiance, d'incarnation, de partage, de transparence, de solidarité nouvelle, d'humilité et de posture de servant-leadership deviennent essentielles.

3/ En quelques mots, comment un modèle managérial peut-il devenir un avantage concurrentiel ?
Richard Collin : Dans un environnement incertain et une économie basée sur les talents, l'innovation de services et l'invention de nouvelles approches de création de valeur, le défi actuel des organisations est de favoriser et d'exploiter au mieux son potentiel de situation. Un « modèle managérial » contextuel de l'entreprise est à l'évidence un levier de compétitivité pour peu qu'il permette l'alignement de l'organisation pour répondre à ce défi.
Il convient sans doute de fonder un modèle qui favorise en même temps l'efficacité collaborative, l'innovation participative, l'apprentissage social « on the job » et l'engagement/motivation des femmes et hommes de l'entreprise. En tenant compte également d'une co-évolution accélérée des technologies numériques et des modèles de création de valeur au cœur de l'économie digitale en construction qui nous fait passer du monde de « l'atome »au monde des « bits »

4/ Pourquoi avoir accepté de participer à la 2e édition de la conférence Vers la fin du management de reporting ?
Richard Collin : D'abord parce que la question de la transformation du management dans cette période de transition est une question clé. Et qu'en parlant de reporting on appelle implicitement les notions de contrôle et de commande alors que les processus doivent évoluer. Ensuite parce qu'EFE en proposant ce thème et ces échanges au cœur de son activité se pose comme un acteur clé pour participer à l'élaboration des réponses à donner.

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