Ressources humaines

Salesforce se lance à son tour dans la gestion des talents avec le rachat de Rypple

Alors que SAP vient de mettre la main sur SuccessFactors (Lire), spécialiste de la gestion des talents en mode Saas, Salesforce réplique en annonçant le rachat de Rypple. L’éditeur est assez avare d’information sur cette start up canadienne créée en 2008 et qui est également implantée en Californie. Il met en avant sa belle base de clients qui comprend Gilt Groupe, Spotify et surtout Facebook.

Non communiqué, le montant du rachat est de toute évidence très inférieur aux 3,4 milliards de dollars déboursés par SAP pour SuccessFactors. L’éditeur précise d’ailleurs qu’il n’aura pas d’impact sur les comptes de son prochain exercice fiscal. L’évolution est néanmoins stratégique puisque Salesforce en profite pour créer la division « Human Capital Management ».

Il en confie la direction à John Wookey, qui avait quitté SAP en avril après avoir été l’artisan de sa stratégie Saas. Autre signe de la volonté d’en découdre frontalement avec l’éditeur allemand, Salesforce va rebaptiser Rypple Successforce. Pour autant, celle-ci n’a pas grand-chose à voir avec la riche suite d’applications de gestion des ressources humaines qui composent SuccessFactors.

Rypple se distingue surtout par son approche sociale et collaborative. Elle permet par exemple aux managers de publier des objectifs (développer la présence sur les médias sociaux, les ventes,  la qualité…) auxquels les collaborateurs peuvent souscrire, apporter des commentaires puis s’organiser en équipes pour essayer de les mener à bien.

Dans sa vue profil, le collaborateur voit les objectifs qu’il a décidé de suivre et leur niveau d’avancement.

Dans sa vue profil, le collaborateur voit les objectifs qu’il a décidé de suivre et leur niveau d’avancement.

« La plate-forme mise aussi sur la gamification, ces mécanismes ludiques qui permettent d’augmenter la participation », souligne Olivier Nguyen Van Tan, responsable marketing produit chez Salesforce. En participant activement, un utilisateur se voit reconnaître des talents, un peu comme un personnage de jeu de rôle. Il reçoit aussi des distinctions sous forme de badges.

« Alors que la façon de travailler a changé, les outils de gestion des talents n’ont guère évolué depuis 20 ans. Rypple incarne ce changement. Ce n’est pas un hasard si ses clients sont des entreprises où beaucoup de gens rêvent de travailler », ajoute Charlie Richy, également responsable marketing Europe chez Salesforce. 

Rypple cherche enfin à développer la motivation par les recommandations et gratifications. Plutôt que d’attendre d’être en réunion pour féliciter un collaborateur ou une équipe, un manager peut encourager ses troupes tout au long d’un projet. La plate-forme fonctionne comme un réseau social et elle est naturellement accessible à travers des applications pour terminaux mobiles.

Les remerciements sont un bon moyen de renforcer l’esprit d’équipe et la motivation.

Rendre à César. Les remerciements sont un bon moyen de renforcer l’esprit d’équipe et la motivation.

Les possibilités de convergence avec le réseau social Chatter sont évidentes et Salesforce indique d’ailleurs qu’il va y intégrer les fonctions de badges et de remerciements. Mais plus globalement, l’éditeur entrevoit des synergies avec toutes ses offres clés, qu’il s’agisse du CRM, du service client ou de sa plate-forme de développement Force.com.

Une question qui reste en suspend est le devenir du partenariat entre Rypple et Jive. Rypple a en effet développé et mis sur la marketplace de ce dernier une application qui permet d’intégrer son système de badge dans le réseau social. Salesforce va-t-il jouer l’ouverture ou réserver les fonctions de Rypple à Chatter ?

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