Evénement

Search'2011 décrypte et illustre les dernières tendances dans l'accès à l'information

La quatrième édition du salon Search a tenu ses promesses. La série de conférences organisée ce vendredi 4 mars au pôle universitaire Leonard de Vinci (la Défense) a permis de faire le tour des dernières tendances en matière d'accès à l'information à travers notamment la présentation de retours d'expérience. Le public était, lui aussi, au rendez-vous.

Les conférences de Mondeca et d'Antidot, deux spécialistes du web sémantique, partenaires sur de nombreux projets, ont ainsi fait le plein. C'est devant une salle bondée que Jean Delahousse, PDG et fondateur de Mondeca, a présenté le projet VegA de l'Inra. Ce dernier rassemble 250 experts, de différentes spécialités (biologie, économie, environnement...), qui réfléchissent ensemble aux choix des végétaux et aux systèmes de production durables pour la biomasse de demain.

Le projet VegA de l'Inra et ses 4 niveaux de traitement de l'information

Le portail du projet VegA comporte quatre niveaux de traitement de l'information pour dépasser les limites d'une recherche par mots clés. Un premier enrichissement est apporté par l'utilisation du thésaurus Agrovoc. Pour chaque terme, il propose une définition, sa traduction dans différentes langues, et des synonymes. Une recherche sur phytomasse ou le terme anglais Biomass donne accès à des documents en français sur la biomasse.

Le deuxième niveau est lié à une indexation documentaire plein texte avec la prise en compte de méta-données, telles que le nom de l'auteur, la date du document... Ce qui permet une navigation par facettes, une fonction proposée d'ores et déjà par la plupart des moteurs de recherche.

Le troisième niveau inclut un annuaire des experts et des organismes et les relations de ces derniers avec les contenus. On retrouve, ici, la logique des réseaux sociaux où l'accès aux documents se fait également via des individus qui ont participé à leur rédaction ou simplement réagi suite à leur mise en ligne.

Le quatrième et dernier niveau est, lui, totalement spécifique au projet et permet un accès à l'information via les processus de traitement propres à la biomasse. L'expert navigue dans les contenus via les processus métier.

Le web sémantique change la donne

Ce besoin de médiation métier n'est pas nouveau, mais bâtir une telle application métier, il y a quelques années, aurait nécessité de concevoir un système câblé, spécifique, nécessitant d'agréger différentes briques, et donc difficile à maintenir.

Le projet VegA s'appuie sur les technologies du web sémantique  : des triplets RDF, Dublin Core pour les méta-données génériques, Skos pour la formalisation des thésaurus, Foaf pour décrire les relations entre individus... Les standards du web sémantique changent la donne.

La curation en questions

L'accès à l'information n'est pas seulement une affaire de technologie, mais également de filtrage par les hommes. Antoine Perdaens et Fabienne Vandekerkove, de l'éditeur Knowledge Plaza, et les consultants Anthony Poncier, d'Useo, et Bertrand Duperrin, de Nextmodernity, sont revenus sur la curation, l'un des concepts à la mode.

En quoi consiste la curation ?

Identifier les bonnes informations, les organiser, les enrichir en les commentant, en les mettant en contexte, en les liant, et les diffuser.

Révolution, évolution ou simple buzz ?

Révolution certainement pas, mais plutôt une évolution dans les pratiques de gestion de l'information au sein des entreprises.

Existe-t-il une fiche de poste ?

Non, même si des individus jouent déjà ce rôle au sein de communatutés. Plus globalement se pose la question de savoir si cette fonction est l'affaire de quelques professionnels ou s'il s'agit d'une compétence que chacun doit développer.

Quels sont les écueils actuels ?

Faire admettre que traiter l'information n'est pas une perte de temps et sensibiliser les utilisateurs à son partage.

Les veilleurs sont-ils les mieux placés pour remplir ce rôle ?

Les veilleurs sont rompus à la sélection et l'enrichissement des informations, mais ils sont traditionnellement plus tournés vers la collecte à l'extérieur de l'entreprise qu'à l'intérieur. De plus, le champ de la curation dépasse les domaines traditionnels de la veille : marché, concurrentielle, brevets...

Quel est l'apport des plates-formes 2.0 ?

Elles ont le mérite de centraliser l'information, fluidifier sa circulation et sa diffusion. Elles incluent, en outre, des mécanismes pour l'évaluer, la « tagger » et la commenter. Dans le même temps, ces plates-formes participatives contribuent à générer davantage d'informations et donc renforcent le besoin de curation.

 

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