Symetrix revisite le Serious Game pour favoriser le collaboratif

Le fournisseur de solutions de formation Symetrix présentait lors de Serious Game Expo, qui s'est tenue la semaine dernière à Lyon, la première mise en œuvre de son concept de Serious Game Session (SGS).

« Le point faible des outils de formation ouverte à distance, qu'il s'agisse des modules d'e-Learning classiques ou même des Serious Game, c'est le collaboratif, explique Vincent Dupin, directeur adjoint de Symetrix. Avec le SGS, nous avons donc voulu réinvestir le présentiel et inscrire le collaboratif au centre de l'outil, pour renforcer la dimension sociale et les interactions entre apprenants. »

Des chefs de produit de Nestlé en pleine énigme policière

La philosophie des SGS : faire d'une session de formation un événement, avec des phases de transmission des connaissances, et des phases de jeu sérieux en équipe qui vont favoriser la participation, la collaboration entre apprenants, et rendre ces derniers acteurs de l'acquisition des connaissances.

L'illustration en était donnée à travers une formation qui a réuni une trentaine de chefs de produit du département marketing de chez Nestlé. Pour les former aux nouvelles données marketing concernant les croquettes pour chat Proplan, la SGS était construite autour d'un jeu d'enquête policière, avec pour chaque équipe la mission de retrouver le chat de Miss Miaou.

Au centre de ce dispositif, un plateau de jeu, distribué à chacune des équipes. Après une phase de formation, un quizz est réalisé, et en fonction du score qu'y obtiennent les équipes, celles-ci reçoivent des cartes de mouvement leur permettant de déplacer leur pion sur le plateau, et d'accéder ainsi à des emplacements indices qui vont les faire avancer dans la résolution de l'énigme policière.

Le plateau de jeu Symetrix et sa vue en 3D.

Chaque équipe a son plateau de jeu (en haut), sur lequel elle déplace son pion en fonction des scores qu'elle obtient lors d'un quizz. Un plateau virtuel (en bas) est affiché sur grand écran au cours du jeu pour indiquer la progression de chaque équipe.

« Ce type d'événement fort favorise l'ancrage du souvenir grâce à la mémoire épisodique, explique Vincent Dupin. Le côté ludique, le fait d'avoir une interface tangible, un plateau de jeu, avec des cartes, des pions, et que les apprenants soient rassemblés autour de la même table, favorise la participation et la collaboration. Il n'y a pas d'oublié. » 

Une comédienne, filmée sur un fond d'hôpital et à la Londres.

Une comédienne, filmée sur différents fonds de lieux en fonction du scénario (ci-dessus dans un hôpital et à Londres), joue le rôle de maître de jeu. Elle peut, par exemple, ajouter de l'aléa, ralentir une équipe qui va trop vite, en dynamiser une autre qui peine.

Pour élaborer une SGS, son concepteur choisit, selon le public auquel le dispositif est destiné, des ressorts de jeu parmi les 7 identifiés par Symetrix. Les ressorts de jeu sont des caractéristiques fondamentales poussant des joueurs à s'engager dans une activité. Leur fonction est ici d'être des leviers d'apprentissage.

Quatre sont inspirés de la typologie des jeux établie par Roger Caillois : être en compétition, jouer un rôle, être soumis au hasard, rechercher les situations de crise. Et trois autres sont issus des recherches menées par le courant de la Gamification, qui a notamment étudié ce qui poussait les gens à s'engager dans les réseaux sociaux : agir collectivement, être reconnu, relever un défi individuel.

Faire coopérer et reconnaître l'apport de chacun

Si la compétition constitue à n'en pas douter un ressort de jeu, de nombreuses études ont néanmoins montré son effet néfaste sur la coopération, même lorsqu'elle oppose des équipes en espérant favoriser la collaboration intraéquipe, le risque étant alors qu'un membre de l'équipe prenne le leadership au détriment de l'apprentissage de chacun.

« C'est une problématique dont nous tenons compte lorsque nous mettons en place ce type de dispositif, assure Christelle Mariais, consultante R&D de Symetrix, faire coopérer les apprenants étant au centre des SGS. Lorsque nous affectons les rôles aux membres de l'équipe, nous veillons donc à ce que la répartition soit équitable, afin que chacun ait son importance et puisse s'engager et participer. Définir des rôles complémentaires permet aussi de favoriser les synergies. Et entre les différentes phases de jeu, il y a aussi la possibilité de faire tourner les rôles. »

Autre facteur pour favoriser la participation de tous, la reconnaissance. Celle-ci commence par la possibilité pour chacun de personnaliser son personnage en choisissant un avatar. « Mais il est aussi important de valoriser ce que chaque participant accomplit dans le jeu et apporte au groupe », conclut Christelle Mariais.

A lire aussi cette semaine sur Collaboratif-info : Comment les Serious Game jouent la carte du collaboratif (inscription nécessaire)

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