Conférence

Un avant-goût d'Enterprise 2.0 Summit avec Schneider Electric, Areva et Nextmodernity

La prochaine édition d'Enterprise 2.0 Summit se tiendra dans deux mois, les 20 et 21 mars prochains. Pour la deuxième année consécutive, Paris accueillera cet événement européen consacré à l'entreprise 2.0. 

En avant-première, l'organisateur KongressMedia avait convié jeudi dernier trois acteurs de l'entreprise 2.0. Ils ont dévoilé quelques-uns des thèmes qu'ils traiteront lors la conférence, placée cette année sous le signe de la révolution de l'entreprise sociale, alors même que le contexte économique est de plus en plus difficile. 

Premier intervenant à s'exprimer, Richard Collin, associé chez Nextmodernity et directeur de l'Institut de l'Entreprise 2.0, a rappelé qu'il ne s'agissait pas d'une crise économique ordinaire, mais d'une rupture économique, prélude à l'émergence d'un nouveau monde.

Changer de système d'exploitation 

Les entreprises sont contraintes de gérer le quotidien et d'inventer le futur, une posture quasiment schizophrénique. Il leur faut avancer à petits pas « et faire du changement un mode de vie », plaide Richard Collin. Car cette transformation est avant tout affaire de culture et de management, bien plus que de technologie.

Pour illustrer ses propos, il a recours à une métaphore technologique : « Les entreprises doivent changer de système d'exploitation et abandonner le mode contrôle/commande »

Les conversations et les échanges, qui ont leur place dans les processus, deviennent plus que jamais essentiels. La tâche des Knowledge Workers consiste à prendre de l'information et la mettre en contexte pour résoudre les problèmes qui leur sont posés. 

Bien entendu, les outils collaboratifs sont des supports indispensables, mais l'enjeu consiste bel et bien à embarquer les collaborateurs et notamment les différents niveaux de management.

Il conclut en déplorant que beaucoup d'entreprises hésitent encore à se transformer au prétexte que finalement tout ne va pas si mal et que le mieux est l'ennemi du bien.

L'ex-dirigeant de Nokia témoigne chez Schneider Electric

Ce n'est pas le cas de Schneider Electric. Cet industriel de 150 000 employés, repositionné comme fournisseur de matériels et de services dans le domaine de l'énergie, a lancé l'année dernière le programme Connect destiné à impliquer les collaborateurs dans la transformation de l'entreprise. 

Et pour donner plus de poids à son message, la direction avait convié lors d'une réunion annuelle d'anciens patrons de grandes sociétés qui ont été malmenées faute d'avoir su anticiper les évolutions de leurs marchés.

L'ancien dirigeant de Nokia a ainsi témoigné de l'aveuglement de son entreprise et du management en particulier à une époque où le constructeur scandinave dominait encore le marché des téléphones portables.

Le programme de transformation initié par la direction de Schneider Electric a donné un coup de fouet aux communautés de pratique que mettait en place depuis un an Louis-Pierre Guillaume, directeur Knowledge Management. Elles visaient justement à faire évoluer les pratiques de travail, à apporter davantage de transversalité, à développer les liens faibles... 

« D'un seul coup, un boulevard s'ouvrait devant nous, rapporte Louis-Pierre Guillaume. Les demandes d'ouverture de communautés ont afflué. »

Sur ce terreau organisationnel est venu se greffer le réseau social d'entreprise Tibbr, de Tibco, appréhendé comme un outil collaboratif et social. L'entreprise a ainsi fait le choix d'embarquer des groupes constitués plutôt que des individus isolés. En six mois, quelque 30 communautés, 15 groupes projets et 30 groupes organisationnels ont rejoint le réseau social.

Ce réseau social a, en outre, l'avantage d'avoir été pensé pour s'interfacer avec les applications. « Nous avons commencé à collaborer autour des objets métiers », précise le directeur KM. Le réseau social est appelé à devenir l'outil principal, objectif que cherche à atteindre nombre d'entreprises. 

Areva entame sa révolution 2.0

Dans une société très verticale comme Areva, le 2.0 a aussi sa place pour répondre aux enjeux auxquels est confronté le spécialiste du nucléaire. Il lui faut gagner en agilité, innover et assurer la transmission du savoir. 

Comme Schneider Electric, Areva privilégie une approche sociale centrée métier. « Un réseau social centré sur les personnes aurait peu d'intérêt. La connexion se fait avec les objets métier, en l'occurrence les projets », argumente Martin Roulleaux-Dugage, Business Transformation and Knowledge Officer chez Areva. 

Pour l'innovation, l'industriel s'appuie sur Hype, un logiciel allemand de système de management des idées. 

Autre chantier, la transmission du savoir prend une tournure particulière chez Areva. « Les cycles sont très longs et une personne qui lance un programme a peu de chances de le voir se réaliser », précise Martin Roulleaux-Dugage.

Ce qui est certain, c'est qu'il n'est pas possible de se reposer sur les mails et un moteur de recherche, comme cela a pu être imaginé à une époque. Un effort de formalisation est indispensable. Il est fait aujourd'hui via des wikis. 

Ceux-ci sont pris en charge par les nouveaux arrivants dans la société, qui vont interroger leurs collègues plus expérimentés. Un dispositif que d'autres entreprises industrielles ont mis en place. 

« Le problème principal est le financement du Business Model, souligne toutefois le Knowledge Officer. Comment pérenniser le financement de ce travail de capitalisation et de transmission du savoir ? » 

 Une première réponse consiste à faire prendre conscience des risques à ne pas le faire. « Chaque erreur coûte au minimum 1 million d'euros », précise Martin Roulleaux-Dugage. Un argument qui doit faire son effet !

 

 

Promo Newsletter