La deuxième chance du collaboratif

Les entreprises qui ne sont pas prêtes à laisser s’exprimer leurs collaborateurs ne doivent pas mettre en place des réseaux sociaux d’entreprise. Les patrons de centres de profit ou les chefs de projet concernés doivent cependant être conscients que leur refus de faciliter la participation des salariés les prive de la puissance de la créativité et de l’intelligence collective.

Avec les réseaux sociaux d’entreprise, nous passons d’un système d’informations à un système de relations. Ce sont les individus (salariés, consultants, partenaires, clients…) qui sont au centre du système. Un membre du réseau social sait auprès de qui trouver l’information quand il en a besoin. Avant, il savait où la trouver mais sans être en mesure dans la grande majorité des cas de la déchiffrer. Maintenant, « celui qui sait » l’oriente et l’aide concrètement. Les réseaux sociaux facilitent donc la création de liens et de savoirs. La relation qui s’établit entre celui qui détient une expertise et celui qui veut augmenter sa connaissance pour avancer vers l’atteinte de son objectif, est le nouveau fondement de la création de valeur des entreprises.

Les salariés veulent des réseaux sociaux

Alors qu’au 20e siècle la hiérarchie décidait des projets et outils collaboratifs, constituant ainsi un véritable outil de contrôle, nous assistons actuellement à une poussée de la part des salariés. Pas seulement les plus jeunes (génération Y), qui sont déjà éduqués par les succès phénoménaux des réseaux sociaux ouverts, de LinkedIn à Viadeo et de Facebook à Twitter. Ce sont tous les salariés qui ont compris que grâce aux réseaux sociaux ils vont mieux communiquer et, donc, être plus performants dans leurs missions.

Les professionnels ont compris, dans le cadre de leurs projets, que pour réussir il leur faut mieux travailler ensemble. Les entreprises y répondent de plus en plus en mettant en place des réseaux sociaux : spécifique sur un projet ou générique sur une compétence (communauté de pratique) ou un centre d’intérêt commun. Les outils de réseau social d’entreprise progressent considérablement pour faciliter cette évolution.

N’oublions pas aussi la nécessaire transformation des entreprises (refonte des processus pour se réorganiser autour de nouveaux modèles économiques, prise en compte du Cloud computing et de l'Outsourcing) et l’indispensable accompagnement au changement des salariés. 

Le leader de réseau social, un facilitateur

Comme toujours dans l’histoire du logiciel d’entreprise, l’essentiel n’est pas dans la maîtrise de l’outil mais dans la capacité des hommes à avancer ensemble, même si certains comprennent mieux l’outil que d’autres. La facilitation du travail collaboratif est de plus en plus orchestrée par celui que dans les pays anglo-saxons on appelle le Community Manager, et que je préfère appeler le leader du réseau social. Il n’est plus question de dire aux gens ce qu’ils doivent faire ; il faut être à leur écoute pour leur permettre de faire mieux ce qu’ils font, plus vite, de façon mieux coordonnée, et ainsi améliorer la performance de l’entreprise.

Le réseau social d’entreprise constitue donc clairement la deuxième chance du collaboratif. Notre challenge est de faire advenir cette (r)évolution pour que la confiance et la coopération entre les Hommes (femmes et hommes) soient les valeurs essentielles de l’entreprise nouvelle.

Notre tâche est immense pour bien travailler dans un réseau social d’entreprise, mais combien gratifiantes seront les nombreuses belles expériences à vivre ensemble ! Chacun peut y contribuer, chacun doit y contribuer, pour rester dans la bonne dynamique collaborative et économique et pour mieux réussir, et je dirais même plus : mieux s’épanouir. Le cercle vertueux est à notre portée…

André Dan, consultant-conférencier-coach de Challengy, co-organisateur du Salon des Réseaux Sociaux, Paris 9-10 juin 2010. 

 

Promo Newsletter