RSE : ce que les PME peuvent apprendre aux grands comptes

 

Jean-Michel Vergne

Jean-Michel Vergne, vice-président des Opérations pour l'Europe de blueKiwi Software.

Les entreprises du CAC 40 ont de nombreux avantages face aux entreprises plus petites : elles ont des bureaux à l’international, des capacités importantes de dépenses et un gros pouvoir d’achat. Mais elles doivent également faire face à des contraintes auxquelles les moyennes entreprises ne sont pas confrontées.

Par exemple, celle du traitement des informations, qui représentent un volume conséquent et qui ne permet pas toujours de distinguer l’important du superflu. Mais aussi, celle d’une hiérarchie institutionnelle. Ceci implique un processus décisionnel souvent long, complexe et décentralisé, sollicitant l’intervention de différents interlocuteurs avant la mise en route d’un projet.

Dynamiques, les PME sont à l’origine de 85% de la création nette d’emploi. Et leur agilité naturelle – conséquence directe de leur taille et d’une ligne hiérarchique plus courte - leur permet d’apporter une autre approche dans la résolution de problématique, notamment en ce qui concerne le traitement de l’information et la prise de décisions.

Les PME favorisent la polyvalence dans la réalisation de tâches et peuvent donc agir plus rapidement, solliciter toutes leurs ressources et prendre des décisions plus rapidement. Pour cela elles doivent « oser » des innovations pour accroitre leur productivité et réactivité. D’où l’usage des outils 2.0, à l’exemple d’un réseau social d’entreprise. Selon une étude d'Ipsos publiée par Microsoft dans le cadre de la Worldwide Partners Conference, les PME hésitent moins que les grands groupes à se tourner vers des solutions de réseau social externes. 

Comment aider les grands groupes à passer le cap et utiliser un réseau social d’entreprise ?

Usage des RSE : les « best practices » des PME

1. Engager l’écosystème. Avec un RSE, il est facile de réunir en un même endroit tout son écosystème et favoriser les interactions avec ses clients, ses fournisseurs et ses partenaires. Cela permet de réagir rapidement, de solliciter plusieurs partenaires à la fois, d’entretenir une relation privilégiée, de fluidifier les échanges et d’en garder la trace sans effort. Ce qui, d’un point de vue stratégique, est un « plus » indéniable.

2. Accroître l’agilité de l’entreprise. Le principe de conversation où les réponses des uns et des autres s’enchainent logiquement sur un même écran permet de rester focalisé sur l’objet de la discussion pour en retirer des actions immédiates, sans risque de perdre le fil (ce qui arrive souvent par e-mail ou chacun peut digresser à l’envie).

3. Augmenter la productivité. Par l’usage de la suite Office pour nourrir de RSE en documents en toute transparence, accélérer le temps de décision en sollicitant immédiatement les bonnes personnes, et identifier les compétences clés grâce aux profils de chacun.

4. Favoriser le décloisonnement interne et la connectivité. Comparé à un intranet, les RSE permettent une fraicheur informationnelle optimale par une communication de pair à pair entre salariés. Le fil d’actualités permet de partager une information avec une communauté spécifique ou avec tous les membres du réseau.

Et surtout l’utilisation d’un RSE est aussi – et peut-être avant tout – un projet de changement de culture. Doter les salariés d’un tel outil permet d’augmenter l’engagement des salariés par une responsabilisation accrue et une meilleure implication dans les projets, et une adhésion à des valeurs d’entreprise en phase avec le temps des réseaux sociaux.

Des « best practices » que les grandes entreprises pourraient s’approprier

Pourquoi ne pas transposer ces méthodes aux grands comptes ? Car les défis à relever par des organisations de plus petite taille - productivité et compétitivité – sont les mêmes.

Car malgré des processus plus lourds, les grands groupes ont l’avantage de bénéficier de plus de ressources : service spécifiques (innovation, marketing etc.) mais surtout des budgets plus importants, dont certains dédiés à la communication interne.

Voici 5 conseils aux grandes entreprises qui veulent se lancer avec un RSE, sur la base des implémentations dans de petites entreprises :

1. Mettre les dirigeants dans la boucle : il est vital que l’exemple vienne du plus haut. Mais qu’il y ait surtout une vraie implication de la ligne hiérarchique (et des managers de proximité) dans la volonté de changement des habitudes. L’exemplarité reste toujours le meilleur des moteurs.

2. S’appuyer sur des sponsors internes et des « champions » dans chaque service : dans toute entreprise il y a des « croyants », des personnes qui sont prêtes à s’investir pour voir réussir un projet innovant. Ces sponsors, qui vont appuyer le projet au plus haut, sont associés à des champions, des personnes formées qui vont elles-mêmes épauler et encourager les autres salariés.

3. Commencer sur un périmètre restreint pour rapidement élargir en s’appuyant sur l’expérience acquise : c’est le principe des « ronds dans l’eau ».

4. Se faire aider par l’externe pour la formation et l’implémentation : le regard d’un tiers consultant, qui a l’expérience de ce type de déploiement, peut permettre de gagner du temps et d’économiser de l’argent en évitant des erreurs. 

5. Développer le métier « d’animateur de communauté » : un RSE ne vit pas tout seul, c’est une erreur de croire cela. Il fait l’animer, et pour cela un animateur de communauté (ou Community Manager) est nécessaire. L’occasion de faire évoluer certains profils ?

En définitive, les grands groupes ont tout intérêt à regarder l’usage des RSE dans les PME comme un terrain d’expérimentations dont ils peuvent tirer profit, à quelques adaptations près. Sans oublier qu’utiliser un réseau social d’entreprise, c’est faire le choix de collaborer par l’innovation, et plus qu’un nouvel outil ou une culture du changement, c’est avant tout un changement de culture qui est la clé de voûte de l’ensemble.

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