Chez les salariés, la méfiance règne face aux soft skills

Les entreprises n'auraient-elles plus les yeux que pour elles ? Créativité, esprit d'équipe, flexibilité, capacité à communiquer… Les soft skills, ou compétences comportementales, sont aujourd'hui sur le devant de la scène.

Dans un monde où les métiers se transforment de manière continue et rapide, où les modes de travail se veulent toujours plus coopératifs et transverses, elles font toujours plus figure de martingale pour des entreprises inquiètent de réussir leur mutation.

Sur le terrain, chez leurs salariés, cette orientation apparaît cependant loin d'être partagée, nous montre un sondage réalisé par OpinionWay pour le compte de Dropbox.

Pour 70 % des interrogés, le premier critère d'évaluation des salariés devrait ainsi être l'implication au travail, suivi du savoir-faire ou de l'expertise technique (59%).

Si l'esprit d'équipe se classe en troisième position à 50 %, en revanche, une minorité seulement estime que le salarié devrait être d'abord évalué sur sa personnalité (23%), sa créativité (22%), sa flexibilité (21%) ou son intelligence émotionnelle (8%).

Pression, copinage, frein à la promotion

Face aux soft skills, la méfiance est d'ailleurs largement partagée par les salariés. Pour 63 % d'entre eux, évaluer sur d'autres critères que les compétences intellectuelles ou techniques serait trop subjectif.

Cela constituerait aussi un facteur de pression supplémentaire, déclarent-ils à 62 %. Un taux qui monte à 67 % chez les femmes.

Les reproches ne s'arrêtent pas là. Pour 61% des salariés, privilégier les soft skills ferait peser le risque de favoriser le copinage, quand 68 % estiment que cela inciterait les salariés à se présenter sous un faux jour afin de réussir individuellement.

S'ils sont 75 % à penser que les compétences comportementales peuvent permettre à un candidat à l'embauche de témoigner de son aptitude et de sa motivation, 74 % estiment néanmoins qu'elles sont difficilement évaluables lors d'un entretien d'embauche et 67 % qu'elles peuvent introduire un biais lors du recrutement.

Enfin, privilégier les soft skills pourrait freiner la promotion des employés compétents, pour 66 % des interrogés, et celle des salariés introvertis, moins aptes à se mettre en avant, à faire preuve d’aisance à l’oral ou de leadership, pour une large majorité (76%).

La bonne nouvelle pour l'entreprise, c'est que de toute évidence ses salariés disposent au moins d'une compétence douce essentielle : l'esprit critique. Saura-t-elle de son côté faire preuve de flexibilité ?

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