Climat social incertain dans l'entreprise

Le climat social dans l'entreprise s'améliore-t-il ? Oui, répondent 53 % des DRH, 26 % des managers et 20 % des salariés interrogés fin 2018 dans le cadre du baromètre Climat social et qualité de vie au travail, réalisé par Cegos, dont les résultats viennent d'être publiés.

Sur les quatre dernières années, la tendance est positive. Mais c'est la perception d'une dégradation du climat social qui s'est surtout fortement réduite dans les trois populations sondées.

La perception d'une amélioration du climat social, elle, progresse de manière moins claire. Côté DRH, c'est l'euphorie. Sur la même période, le bond est de 30 points. Il n'est que de 11 points chez les salariés, qui pourtant partaient de plus bas (9 %, contre 23 % pour les DRH). Quant aux managers, ils sont plutôt dans une tendance stable, oscillant entre 20 et 30 %.

A court terme, entre 2017 et 2018, les choses sont cependant encore moins claires, puisque cette perception positive est uniquement le fait des DRH. Managers et salariés, eux, se rejoignent dans une baisse de deux points.

Le simple signe d'une légère inflexion avant une reprise de la hausse ? Ou le début d'une nouvelle tendance à la baisse ? En tout cas, les autres résultats de l'enquête sont loin d'être tous encourageants, le paysage global offrant une image plutôt incertaine.

Les impact négatifs et positifs du numérique unis dans la baisse

Si le niveau de motivation et d'implication, par exemple, reste élevé, à plus de 8 pour 67 % des managers et 52 % des salariés, ces chiffres marquent en même temps une baisse de 15 points pour les premiers et de 3 points pour les seconds depuis 2015.

En baisse également, l'intérêt pour son poste comme facteur de motivation : 49 % pour les managers (-20 points) et de 39 % pour les salariés (-5 points).

Mais aussi la latitude d'action et de décision. Certes, celle-ci atteint quand même 74 % chez les managers et 66 % chez les salariés. Mais elle est en baisse de 4 points dans les deux cas, alors que l'autonomie et la responsabilisation sont pourtant dans tous les discours des entreprises en voie de transformation...

Enfin, autre domaine illustrant une situation mitigée, celui de l'impact des outils numériques. Du bon côté, il faut noter une baisse générale des impacts négatifs perçus. Par exemple, les salariés estimant que le numérique impacte négativement leur charge de travail sont 23 %, en baisse de 3 points, les managers étant, quant à eux, 29 %, soit une chute de 23 points.

Mais côté impacts positifs, c'est aussi la baisse. 71 % des managers (-16 points) et 68 % des salariés (-3 points) indiquent ainsi que le numérique produit un impact positif sur l'accès à l'information. Et le désenchantement semble toucher davantage les managers : ils ne sont plus que 58 % (-26 points) à estimer que le numérique améliore l'efficacité professonnelle et 58 % également (-19 points) à juger qu'il améliore le travail collaboratif entre les services.

« Beaucoup d’entreprises ont engagé leur transformation, mais celle-ci ne peut pas se faire en un ‘claquement de doigts’, analyse Catherine Lainé, directrice de projets et spécialiste des enjeux RH chez Cegos, dans un commentaire du baromètre. Pour transformer leur organisation, les entreprises doivent passer par une phase intermédiaire durant laquelle on ne perçoit pas encore les bénéfices de la transformation : l’organisation, les postes de travail, les modes de collaboration et les lignes hiérarchiques évoluent, sans que cela ne soit encore totalement stabilisé. De ce flottement peut naître une incertitude, voire une résignation : c’est ce qui explique pour partie, un moindre intérêt et une moindre motivation au travail des collaborateurs. »

Il faut bien rester optimiste.

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