Collectivité 2.0, l'e-Démocratie pour tous ?

Les technologies 2.0 remettent l'utilisateur au centre de l'entreprise. Mais au sein des collectivités, elles sont aussi l'espoir d'une démocratie locale libérant la parole du plus grand nombre et plus proche des citoyens.

Les problématiques de mise en œuvre des plates-formes participatives qui fleurissent ici ou là pour bâtir cette nouvelle proximité avec le citoyen ne sont pas différentes de celles rencontrées par l'entreprise engagée dans une démarche collaborative. En gros, il faut choisir le bon outil et, surtout, savoir faire vivre le débat.

Un document de travail du « Colloque internet pour tous, internet solidaire », qui se tient le 3 février à Fontenay-sous-Bois, vient néanmoins rappeler que les conditions du dialogue citoyen sont malheureusement loin de se résumer à ces seules questions.

Cet article, qui se réfère à plusieurs études sur l'utilisation d'internet, nous apprend, entre autres, que 38% seulement des personnes appartenant à un ménage au revenu mensuel inférieur à 900 euros étaient, en 2009, connectées à internet à domicile, contre 91% pour celles appartenant à un ménage au revenu mensuel supérieur à 3100 euros.

Mais surtout, il nous alerte sur l'impératif de bien distinguer, aujourd'hui, la fracture numérique de premier degré, concernant l'accès aux matériels et réseaux, de celle de second degré, liée à l'appropriation des usages.

« […] les bénéfices tirés de l'utilisation d'internet par les personnes résidant en ZUS (zones urbaines sensibles) sont globalement faibles en termes d'accès à l'emploi, à l'information, à la connaissance, à l'élargissement du capital social,
notent ainsi les auteurs de l'article. […] De même une enquête menée dans le quartier de Kérourien (à Brest, NDLR) met en lumière un faible investissement des usages autour de la création de contenu sur internet, tels que les blogs ou les forums. »

Si les acteurs de la politique de la ville sont de plus en plus nombreux à s'engager dans la lutte contre la fracture de premier degré, ils ne doivent donc pas « perdre de vue les enjeux plus larges posés par l'exclusion numérique », ajoutent-ils. Enjeux qui imposent la mise en œuvre d'actions d'accompagnement des usages, de formation et de sensibilisation des animateurs d'espaces publics numériques et des différents acteurs œuvrant dans les quartiers.

Bien sûr, les enjeux posés par cet article n'invalident pas la dynamique participative aujourd'hui à l'œuvre dans un nombre croissant de collectivités. Au demeurant, l'entreprise elle-même n'est pas faite que d'« information workers » et construire une culture collaborative lui impose de se poser la question de l'inclusion de ses collaborateurs de terrain non équipés de PC.

Cet article a néanmoins le mérite de laisser imaginer ce que pourrait être la collectivité locale 2.0 de demain.

Référence : En quoi les acteurs de la politique de la ville sont-ils concernés par la lutte contre l'exclusion numérique ?, par Margot Beauchamps, Annabelle Boutet et Eric Lamoulen.

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