D’où les réseaux sociaux d'entreprise tirent leur nom

Communiquer, communiquer, communiquer... Le message a été martelé tout au long de la deuxième journée de Carrefours Logistiques consacrée aux réseaux sociaux d'entreprise (RSE). Les intervenants ont abondamment détaillé les programmes mis en place pour accompagner les phases de lancement. 

Mais avant toute chose, il convient de baptiser son RSE. L'exercice n'est pas si simple car le nom doit refléter l'ambition, les enjeux du projet et montrer que l'on encourage désormais la prise de parole et la participation. Heureusement, il existe quelques recettes bien pratiques.

L'utilisation de l'adjectif possessif : une valeur sûre

L'une d'elles consiste à traduire la dimension personnelle de l'outil avec un adjectif possessif. Par exemple en l'accolant au nom de la société ou d'une marque. La chaîne de supermarchés Simply Market a choisi MySimplyMarket pour sa plate-forme participative. Simple et parlant.

C'est la même option qui a été retenue par la Direction de l'information légale et administrative quand elle a prolongé son site Vie-publique.fr avec un réseau social. Ce qui a donné naissance au surprenant Mon Vie Publique.

Le réseau social de l’Association des Responsables de Communication de l’Enseignement Supérieur (Arces) a, pour son part, opté pour Votre Arces. 

On peut également citer les exemples de Renault et de Pernod. Le portail du constructeur automobile, dans sa version 2.0, est rebaptisé MyDeclic. Le spécialiste des vins et spiritueux a joué plus sobre et se contente d'un MyPortal. 

Avec You Me, Lagardère Publicité a poussé plus loin la logique en insistant sur la dimension interpersonnelle. 

La place évoque aussi bien les rencontres que les discussions

Justement, une autre source d'inspiration consiste à faire référence aux deux grands mécanismes mis en œuvre dans les réseaux sociaux : la mise en relation des individus et la conversation. C'est ainsi que le fabricant de menuiseries en aluminium Technal a opté pour TechTalk, tandis que Havas Media France a choisi Links. 

L'idéal consiste à faire référence à un nom qui évoque les rencontres et les discussions. Les références à la place sont prisées. Le réseau social d'Orange s'appelle Plazza, celui de la Lyonnaise des Eaux Lio.plaza (il existe par ailleurs un Lio.doc pour la gestion documentaire).

Quant à l'Anact (Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail), elle a tout simplement baptisé son réseau social La Place, acronyme de plate-forme collaboratives et d'échanges.

Des références explicites à l'objet du réseau social 

Auchan et Bouygues SA ont préféré faire référence de manière explicite aux missions assignées au RSE. Chez le géant de la distribution, Eureka sert le partage de bonnes pratiques entre les responsables de rayon de ses hypermarchés. 

Bouygues SA avait un modèle en tête, celui de Wikipedia, pour formaliser le partage de bonnes pratiques entre ses activités (construction et BTP, médias, télécoms, immobilier). Ce qui a donné Bypedia. 

Le recours à des mots anglais ou à consonance anglophone, comme Weez pour Devoteam, est la règle dans d’autres entreprises. Leur caractère international, y compris dans des structures de taille intermédiaire, les y encourage. 

C'est aussi un signe de modernité. La culture des entreprises anglo-saxonnes est réputée moins hiérarchique, plus favorable à la collaboration et aux échanges. D'ailleurs, les éditeurs de RSE locaux ne font-ils pas de même ? Ils s'appellent blueKiwi, Jamespot, Knowledge Plaza, Seemy, Yoolink... 

En fait, seuls les organismes publics et des petites structures comme l'association Agir, qui a opté pour resO Agir, privilégient des noms français.

« The Place to Bee »

La volonté des entreprises de se démarquer de Facebook, la référence en matière de réseau social, les pousse à mettre en avant la dimension interne du réseau social. La société de services Novencia a ainsi appelé le sien NovINside. 

On retrouve la même logique dans la branche française de CB Richard Ellis, spécialiste du conseil immobilier, avec en prime la volonté d'afficher le positionnement d'un réseau social destiné à outiller les commerciaux afin d'encourager les ventes croisées. Il s'appelle donc Business Inside.

Quand il a ouvert son réseau social d'entreprise, JCDecaux l'a aussi positionné comme un outil métier destiné en priorité aux collaborateurs des services commerciaux et marketing (voir l'article que nous luis consacrons cette semmaine). 

Le spécialiste du mobilier urbain a toutefois fait preuve de davantage d'originalité en optant pour Bee, l'un des deux animaux, avec les fourmis, auquel il est souvent fait référence pour symboliser l'efficacité collective.

Ce choix lui a permis, lors de la communication durant la phase de lancement, de s'amuser avec le jeu de mots : « The Place to Bee ». On en revient à la fameuse place.

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