Dans réseau social, il y a social

« Au sein d'un RSE, les conversations non professionnelles n'ont pas lieu d'être », décrète l'avocat d'un cabinet spécialisé en nouvelles technologies dans un récent billet où il passe en revue les questions posées par les réseaux sociaux d'entreprise (Lire).

Une position sans doute faite pour rassurer, mais dont l'adoption peut fort bien jouer contre le réseau social lui-même, comme le montre les nombreux exemples d'entreprises où la mise en place de communautés ou thématiques non professionnelles ont en partie favorisé son adoption. Le cas des CCI d'Alsace que nous présentions la semaine dernière (Lire) comme celui du Groupe Figerc publié aujourd'hui (Lire) en fournissent de nouvelles illustrations.

La notion de « non professionnel » elle-même est d'ailleurs assez large. Elle peut renvoyer à des thèmes extra-professionnels mais correspondant à des valeurs que l'entreprise promeut, comme le sport ou l'humanitaire. Ou, à l'autre extrême, concerner des sujets vraiment personnels, comme l'échange de bons plans vacances. Mais dans tous les cas de figure, l'enjeu est bien l'appropriation de l'outil, de faciliter in fine son usage professionnel.

Cela dit, l'on pourrait également s'interroger sur ce qu'est, à l'inverse, une conversation professionnelle. « Il ne faut pas être naïf, il se passe des choses avec un réseau social, expliquait récemment un DRH. Lorsque vient l'époque des augmentations par exemple, les collaborateurs n'hésitent pas à y dire qu'ils ne sont pas contents. Nous sommes dans des entreprises qui peuvent parfois être contestables et contestées, donc les personnes s'expriment. Et il nous faut répondre, prendre position. »

Imaginer que centrer le réseau social sur des usages purement métier préserverait de ce type de débats est d'ailleurs sans doute une illusion. Comme l'indiquait un consultant spécialisé dans les RH, lorsque les DRH ne sont pas des convaincus des apports des réseaux sociaux d'entreprise c'est pour reprendre la main qu'ils y viennent. « Ils sont rattrapés par leur organisation, car dans les métiers les salariés ont créé des communautés et ils finissent toujours par s'y exprimer sur des sujets RH », racontait-il.

C'est le problème avec les réseaux sociaux, même s'il est toujours loisible d'en cadrer les usages, il faut bien à un moment ou à un autre en assumer le caractère social. Le point positif, c'est qu'il s'agit peut-être d'une chance pour l'entreprise, sauf à considérer la liberté d'expression et le dialogue comme des obstacles à l'engagement. Et s'il faut malgré tout des règles juridiques, qu'elles soient au moins l'expression d'une nouvelle relation de confiance, plutôt que fondée sur la défiance.

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