Dassault Systèmes, «l’oncle d’Amérique» du logiciel français

Dassault Systèmes mérite son titre de chef de fil de l’édition logicielle française. Son chiffre d’affaires record en 2011 (1,7 milliard d’euros) confirme son statut de seul géant du secteur. Et à l’instar de ses homologues américains, il sait aussi délier sa bourse pour prendre sous son aile les jeunes pousses hexagonales qui lui semble les plus prometteuses.

L’acquisition de Netvibes, annoncée avec la publication des résultats, intervient un an après celle d’Exalead. On se rappelle aussi qu’en 2009, Dassault Systèmes avait financé Bluekiwi à hauteur de 5,2 millions d’euros pour faciliter son développement.

« Nous avons un rôle à jouer dans la sauvegarde de l’emploi, des technologies et du leadership de la France en matière de logiciels », expliquait  dans Le Figaro Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes, pour justifier ces investissements.

Ces opérations témoignent aussi des nouvelles ambitions de l’éditeur. Au-delà de ses solutions historiques de conception 3D et de gestion du cycle de vie des produits (PLM), il veut proposer un environnement complet pour concevoir de nouvelles offres, expérimenter leurs usages dans des environnements virtuels, en associant à toutes les étapes les consommateurs.

Etre au cœur du dispositif d’innovation des clients

Qu’il s’agisse de concevoir le design d'une nouvelle bouteille de shampoing ou le plus sophistiqué des avions de ligne en matériaux composites, Dassault Systèmes affiche son ambition d’être au cœur du dispositif d’innovation de ses clients. L’outil mis à disposition pour concrétiser cette vision est sa plateforme 3D Experience, qui consolide l’ensemble de son portfolio applicatif.

Dans cet environnement, Exalead et Netvibes amènent deux briques complémentaires. Le premier, avec ses applications de recherche d’entreprise donne accès à toute l’information interne. Le second, à travers ses moteurs d’agrégation de flux et ses tableaux de bord des médias sociaux, aide à se connecter aux consommateurs et à valider les tendances de marché.

Comme Exalead, Netvibes va pouvoir bénéficier de la force de frappe commerciale, scientifique et technique de son repreneur. Un gage de pérennité pour une petite équipe (40 personnes) travaillant avec des grands comptes internationaux dans un environnement très concurrentiel et dominé par des poids lourds comme IBM ou Salesforce. 

Même si elle a été occultée par le rachat de Netvibes, la nomination comme DGA de Monica Menghini, ancienne dirigeante chez Procter & Gamble et à l’agence Saatchi & Saatchi, témoigne du rôle que veut jouer Dassault Systèmes dans le domaine du marketing social. Sans oublier l’axe très stratégique du cloud, où l’éditeur est porteur d'un nouveau projet en association avec l'Etat et Vivendi.

Reste à voir quel sera l’avenir des outils grand public de Netvibes. Malgré des propos rassurants, le risque existe qu’ils soient négligés au profit des solutions d’entreprise. Le champion français du logiciel ferait bien de se rappeler que des millions d’adeptes en ont fait leur page personnelle de surveillance du web.

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