Démotivation des salariés : la tâche ne se simplifie pas pour les RH

L'ambiance n'est vraiment pas au beau fixe chez les salariés européens. Malgré un regain de confiance sur l'avenir de leur entreprise, les préoccupations s'accumulent, selon la neuvième édition du Baromètre Edenred-Ipsos sur le bien-être et la motivation des salariés.

La préoccupation principale ? Le niveau de salaire et le pouvoir d'achat. Avec en tête les Français (49%) suivi des Britanniques (43%), pour une moyenne européenne de 40 %.

Dans les pays les plus touchés par la crise (Espagne, Italie et Portugal), c'est le maintien de l'emploi qui arrive en tête. Tandis que dans ceux qui connaissent une croissance (Suède, Allemagne, Grande-Bretagne), le temps de travail suscite le plus grand mécontentement.

Pour les auteurs de l'étude, les préoccupations sur la gestion du temps de travail commencent d'ailleurs à prendre de l'ampleur, tendance qu'ils voient aussi liée à l'usage croissant des nouveaux outils de communication, qui abolissent les frontières entre vie professionnelle et vie privée.

Ainsi, 67% des salariés européens disent être sollicités par leur travail en dehors de leurs horaires professionnels. Un chiffre qui monte à 90% chez les tops managers et 84% chez les managers.

Autre sujet d'insatisfaction, 39 % des salariés européens jugent insuffisantes les actions effectuées par les ressources humaines autour des nouveaux modes d'organisation du travail, notamment le télétravail et le travail collaboratif.

Un programme RH également trop chargé ?

Bref, un cocktail qui ne va pas faciliter la tâche des RH, et d'autant moins du côté de l'hexagone, puisque les salariés français apparaissent comme les plus démotivés, à 38% contre 29% en Europe.

Ils sont aussi les plus insatisfaits de la reconnaissance de leur implication dans leur travail (52 % contre 46% des européens), du respect avec lequel ils sont considérés (43 % contre 33%) et de leur rémunération fixe (61 % contre 51%). Seul petit réconfort, ils ne sont « que » 75% à estimer consacrer trop de temps à leur travail, contre une moyenne européenne de 80% !

Heureusement que, chez les RH, l'engagement des collaborateurs apparaît comme la priorité n°1 pour 2014, nous apprend, par ailleurs, la dernière enquête annuelle d'ADP.

Comme l'indiquait dans un article récent Eddy Corcos, le directeur de l'activité Human Capital Management du spécialiste, cette préoccupation est même en très nette progression : en 2011, 5 RH sur 10 en faisaient leur première priorité, contre 6 sur 10 en 2013 et 8 sur 10 en 2014.

Reste que le programme des RH est bien chargé et qu'elles ne sont pas en dehors du monde. Lors d'un récent événement organisé par le cabinet de conseil Obifive-HR Valley, l'expert RH d'un grand groupe français – chez qui l'on croit à la collaboration et où l'on travaille à redonner de la liberté et de la responsabilité aux salariés pour sortir de la spirale de la démotivation et du désengagement – reconnaissait ainsi la difficulté de la tâche.

« Chez nous, la RH retrouve sa fonction essentielle, indiquait-il. Nous travaillons au quotidien, notamment auprès des managers, à développer la bienveillance, la confiance à priori, la solidarité dans l'entreprise. Mais ce qui est compliqué, c'est qu'il faut faire cela et tout le reste. Les structures RH n'ont pas augmenté en nombre. C'est un véritable problème pour nous. »

Si l'on ajoute à cela les problèmes bien matériels de démotivation mis en lumière par l'enquête Edenred-Ipsos, le tableau apparaît à ce stade peu lumineux.

A savoir : la neuvième édition du Baromètre Edenred-Ipsos a été menée auprès de 8800 salariés en Grande-Bretagne, France, Espagne, Portugal, Suède, Allemagne, Belgique et Italie, en janvier 2014.

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