Des DSI en manque de CDO

D'ici à 2023, le Chief Digital Officer sera en voie de disparition. Mais pas ici, en Nouvelle-Zélande. C'est IDC qui fait cette prophétie, estimant qu'alors, dans cette partie du monde, « le numérique sera totalement intégré dans les organisations et ne sera plus considéré comme quelque chose de spécial. »

En France, dans la moitié des organisations, ce n'est pas un CDO mais le DSI qui pousse à la transformation numérique. Et il n'a pas la vie facile, nous apprend une enquête menée en décembre dernier par OnePoll, pour le compte de Citrix. 175 DSI travaillant dans des entreprises de plus de 250 salariés et de tous secteurs ont été interrogés.

Ces derniers sont 82 % à croire en la transformation numérique, mais ils estiment à 60 % qu'ils ont hérité d'une infrastructure technologique qui freine considérablement le potentiel de transformation de leur entreprise.

Même si 64 % jugent néanmoins cette infrastructure fonctionnelle, voire très fonctionnelle, 37% pensent qu’elle manque d’intelligence, illustration d'une maturité numérique insuffisante au regard des défis actuels.

Une incapacité à influencer l'activité de l'enteprise

Dans leur volonté de changer les choses, les DSI ne se sentent pas vraiment aidés. Plus de la moitié (53%) indiquent qu'ils doivent faire face à des restrictions financières trop importantes et à des processus de décision trop long et trop complexes.

Et, si 47 % d'entre eux ont adapté leur communication pour justifier les investissements auprès de leurs dirigeants en mettant l'accent sur la valeur apportée en termes de rendement, 80 % des DSI déclarent que leur entreprise voit toujours l'IT comme un centre de coût. Pas facile, dans ces conditions, d'initier de nouvelles pratiques ou d'intégrer de nouvelles solutions.

Au passage, ils sont 39 % à reconnaître que la place prise par le CDO vient compenser un manque de crédibilité ou de capacité à influencer l'activité de l'entreprise du service informatique.

Une fonction que la quasi-totalité des DSI (93%) ne voudraient d'ailleurs pas voir disparaître, puisqu'il la juge indispensable pour opérer une transformation à moyen et long terme. Pour les trois quarts des répondants (74 %), le rôle du CDO sera même critique dans les trois à six années à venir.

Il ne manquerait plus qu'un cabinet d'analyse ne vienne leur prophétiser la fin de cette fonction dans les trois prochaines années.

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