Des salariés trop agiles pour la transformation numérique de leur entreprise

La transformation numérique, 84 % des salariés français en ont une perception positive, dénuée de crainte, révèle la deuxième édition de l'étude « Les salariés français à l'ère de la transformation digitale », réalisée par le HRM Digital Lab, laboratoire du pôle Ressources Humaines de l’Institut Mines-Télécom Business School.

Se sentant comme des poissons dans l'eau, les salariés ne sont d'ailleurs que 11 % à se déclarer des utilisateurs « peu enthousiastes » ou « contraints et forcés » du numérique. La majorité voient les choses de manière plus positive, se déclarant soit « passionnés » (11%), soit « confirmés » (32%), soit, plus modestement, « modérés » (47%).

Un niveau d'engagement qui devrait réjouir les employeurs, mais aussi leur donner quelques maux de tête, puisque cette décontraction à l'égard du numérique conduit 54 % des salariés à se tourner vers des outils non proposés par l'entreprise pour remplir leur mission.

Ils sont même 40 % à le faire régulièrement, que ce soit pour travailler de manière collaborative (Google Drive, Dropbox, etc.), pour communiquer ( Skype, Hangout, etc.) ou pour organiser leur travail (Doodle, Evernote, etc.).

Des squads libres de choisir leurs outils internes

Bien que nombre d'entreprises en pleine transformation numérique prônent l'agilité, cette dernière se cantonne le plus souvent à l'organisation et au fonctionnement. Le rayon des outils, lui, reste à l'écart des bouleversements. Sauf, bien sûr, lorsqu'il s'agit de déployer la plate-forme unique ou l'environnement logiciel derrière lequel on ne devra voir qu'une tête.

Parfois, des chantiers sortent cependant du lot. Chez April International Care, auquel nous avons consacré récemment un article, le projet de réorganisation agile a ainsi fait le pari de lâcher aussi la bride sur la question des outils de communication et de collaboration.

« Tout à coup, nous avons eu une explosion d'outils collaboratifs, me racontait le directeur général. Du jour au lendemain, en plus des SMS, de Linkedin et des e-mails, je me suis retrouvé avec WhatsApp, Slack, Trello, Sharepoint... »

Une éclosion que l'entreprise a laissé faire, mais qui s'est révélée à un certain point contre-productive. « Vous vous perdez dans l'apprentissage de tous ces outils, constatait le dirigeant. Il faut donc partir très large, ouvrir, mais savoir filtrer, revenir à des choses essentielles, puis rouvrir à nouveau, refiltrer, etc. », conseillait-il.

Aujourd'hui, les principaux outils de l'entreprise sont finalement Sharepoint, déployé à l'international, et WhatsApp. Mais la bride n'a pas été lâchée pour rien, puisque chaque équipe agile de l'entreprise reste libre d'utiliser les outils qu'elle souhaite pour son fonctionnement interne.

Un exemple intéressant qui mériterait sans doute d'être suivi. De toute évidence, comme l'étude du HRM Digital Lab le rappelle, les salariés sont déjà dans le bain. Reste à l'entreprise de plonger.

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