Divergence entre Twitter et Facebook sur la liberté d'expression

« Ça sera un grand jour pour les médias sociaux et l'honnêteté », a tweeté Donald Trump jeudi matin. Le président américain évoquait le décret qu'il s'apprêtait à signer l'après-midi.

Un décret décidé en réaction à Twitter, qui s'est permis, mardi, d'estampiller d'un avertissement deux tweets de Donald Trump, au motif qu'ils contenaient des allégations trompeuses.

Pêle-mêle, Donald Trump a reproché à son moyen de communication favori d'interférer dans les élections américaines de novembre prochain, ou encore d'étouffer la liberté de parole.

« Nous avons toujours su que la Silicon Valley mettrait tout en œuvre pour empêcher le président Trump de faire passer son message aux électeurs », a de son côté déclaré Brad Parscale, le directeur de campagne du président, dans un communiqué.

Quant au fondateur de Twitter, Jack Dorsey, il ne s'est pas démonté. Le même jour, il a expliqué qu'il ne s'agissait pas pour le réseau social de se transformer en « arbitre de la vérité », mais « de signaler les informations litigieuses afin que chacun puisse juger par lui-même ».

Facebook en retrait

Un peu plus tard, Trump a tenu parole et signé son décret. Celui-ci invite l'agence fédérale américains en charge des questions de communication et celle du commerce à se repencher sur la loi qui dédoudane les sites et services en ligne de toute responsabilité sur les messages publiés par leurs utilisateurs.

Quelles seront les conséquences de ce décret ? Difficile à dire. Mais la première a été de montrer que la Silicon Valley n'était pas si unie sur le sujet.

Réagissant au décret Trump sur les médias sociaux, le patron de Facebook a fait valoir sa différence, tout en neutralité. « Nous pensons qu'il ne serait pas juste de vérifier la véracité des messages politiques, a ainsi expliqué Mark Zuckerberg. Je pense que cette règle nous distingue des autres sociétés. Nous garantissons une plus grande liberté d'expression afin que chacun puisse s'exprimer. »

Une conception de la liberté qui tombe aussi à pic pour Facebook, par ailleurs déjà sous le coup, avec Google, d'une commission d'enquête menée par la commission fédérale du commerce et le département de la Justice américain.

Quant à Twitter, il entend bien maintenir sa ligne. Pour preuve, il a récidivé ce vendredi après un tweet de Donald Trump sur les affrontements à Minneapolis consécutifs à la mort d'un Américain noir lors d'une interpellation par la police.

« Au moindre problème, quand les pillages démarrent, les tirs commencent. Merci ! », a tweeté Trump. Ce qui lui a valu de voir son message signalé pour apologie de la violence.

En effet, ce dernier renvoie à une expression utilisée par le chef de la police de Miami, lors des émeutes de 1967 dans la ville. « Si des émeutes commencent, nous commencerons à tirer », avait-il dit.

« Nous avons laissé le tweet en ligne parce qu’il est important que le public puisse toujours le consulter, vu son intérêt pour comprendre des questions importantes d’actualité », a expliqué le réseau social.

La visibilité dudit message reste cependant désormais plus que limitée. Il n'est plus possible de le retweeter ni d'y réagir.

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