Du mouvement sur le marché de la collaboration

L'information est passée inaperçue en France, mais, le 20 octobre dernier, l'éditeur espagnol Beezy s'est fait racheté par l'américain Appspace. Beezy est un acteur de l'écosystème Microsoft.

Lancée en 2011, sa solution faisait alors partie, avec Newsgator et Calinda, de celles proposant de bâtir un réseau social d'entreprise sur l'offre Microsoft (Sharepoint, Office).

Des trois éditeurs, seul Beezy était resté dans la course. Sa solution permet aujourd'hui de bâtir une Digital Workplace sur Microsoft 365 et se distingue notamment par ses capacités d'automatisation, facilitant entre autres la collaboration autour des processus métier.

Son rachat illustre le dynamisme du marché de la Digital Workplace, qui amène de nouveaux acteurs à se positionner sur ce terrain. Appspace est à l'origine un éditeur de CMS spécialisé dans l'affichage numérique dynamique. Il propose aujourd'hui une plate-forme mêlant fonctions de communication interne et de gestion de bureau (réservation de salles, gestion des visiteurs, etc.).

« Nous avançons ensemble pour devenir la plate-forme de travail la plus complète et la plus unifiée », explique Appspace, qui compte 3 000 clients, dont 150 parmi les 500 plus grandes entreprises américaines.

Agitation autour de la réalité virtuelle

Plus médiatique, le marché de la collaboration continue d'être agité par la réalité virtuelle. Après Meta-Facebook et son Horizon Workrooms (voir notre article), Microsoft vient d'annoncer le lancement de Mesh pour Teams, en version bêta début 2022.

Cette solution donnera la possibilité de participer à une réunion Teams sous la forme d'un avatar personnalisé, ce qui rendrait la dite réunion plus engageante, selon l'éditeur.

Mais il sera surtout possible, grâce à ces avatars, de collaborer au sein d'espaces virtuels, en immersion, tout en profitant des autres fonctionnalités de Teams (partage de documents, tchat…).

Mesh pour Teams proposera ainsi un ensemble d'espaces immersifs pré-construits, correspondant à différents contextes : salle de réunion, espace de séminaire, machine à café… A terme, les entreprises pourront créer leurs propres espaces virtuels sur Teams.

Les valorisations s'envolent

Plus terre à terre, le domaine des outils collaboratifs de productivité est aussi en pleine effervescence, avec à la clé une envolée des valorisations des éditeurs. En juin dernier, Monday, la solution de Digital Workplace orientée gestion de tâches, faisait ainsi une entrée remarquée au Nasdaq.

L'éditeur levait 574 millions de dollars et voyait sa valorisation bondir à 6,8 milliards de dollars. En 2020, son chiffre d'affaires était de 116 M$ et son résultat en perte de 48 M$. Sur le premier semestre 2021, le chiffre d'affaires progresse de 90 %, à 129 :M$, mais les pertes montent aussi, à 68 M$.

Fin octobre, son homologue ClickUp vient, lui, de réaliser une levée de fonds de 400 M$, faisant grimper sa valorisation à 4 Md$. En un an, le nombre d'équipes utilisant la solution a quadruplé, passant à 800 000, explique l'éditeur. Selon la base de données Latka, son chiffre d'affaires en 2021 devrait atteindre 80 M$.

Il y a un an, la solution Asana avait ouvert le bal des envolées de valorisation des outils orientés gestion de projet, son introduction en bourse portant la sienne à 4 Md$. A l'époque, son chiffre d'affaires semestriel progressait de 50 % sur un an, à 99,7 M$.

Mais sur ce terrain de la productivité, la solution collaborative Notion vient particulièrement de se distinguer, suite à une levée de fonds de 275 M$, réalisée début octobre.

En avril dernier, sa valorisation était de 2 Md$. Elle se monte aujourd'hui à 10 Md$. Une progression qui reflète celle du nombre d'utilisateurs, multiplié aussi par 5 sur ce même laps de temps, à 20 millions. En 2020, le chiffre d'affaires pour 4 millions d'utilisateurs était estimé par Latka à 13,3 M$.

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