e-Learning : apprentissages formel et informel, à chacun son silos ?

Entre les systèmes de gestion de la formation (LMS) et le 2.0, c'est déjà une vieille histoire. Certaines solutions sont aujourd'hui dotées du micro-blogging, d'autres ont même intègré très tôt une brique réseau social. Et, sans aller jusque-là, elles comprennent au moins des outils dits communautaires : blog, wiki ou encore forum.

A une extrémité, cette couche 2.0 est orientée vers la communauté des apprenants, centrée sur la formation et ses contenus. Mais de l'autre elle se tourne vers l'apprentissage informel, le Social Learning, et déborde le cadre stricto sensu de la formation pour constituer le terrain des communautés de pratique, quand ce n'est pas celui du travail de groupe, de la gestion des talents ou, même, du dialogue avec les clients et les fournisseurs de l'entreprise.

Voilà pour l'ambition, l'offre. Car, côté demande, c'est largement hésitant, pour ne pas dire plus. De l'aveu même d'éditeurs présents mardi et mercredi derniers à l'édition 2011 du iLearning Forum, à Paris. Les cas concrets en entreprise manquent.

En revanche, le succès des fonctions collaboratives dans le cadre de la production de contenus éducatifs, rassemblant les différents acteurs de la formation au sein des organisations (formateurs, ingénieurs pédagogiques, etc.), faisait l'unanimité.

Il est vrai qu'il s'agit là d'un usage métier bien loin du Social Learning proprement dit. On pourrait d'ailleurs s'interroger sur l'idée de vouloir centraliser l'ensemble des processus de « formation » à l'œuvre dans l'entreprise, quand tout semble éloigner l'apprentissage formel, fût-il collaboratif, de l'apprentissage informel.

Si des ponts entre les deux peuvent être trouvés – et le sont de fait dans la réalité –, il y a néanmoins une vraie question de lieu. L'apprentissage informel s'enracine au sein des métiers, que ce soit dans une communauté de pratique au sens traditionnel ou dans les échanges collant aux processus métiers, à l'opérationnel. Et pour se manifester, il semble qu'il ait plutôt pris le chemin des réseaux sociaux d'entreprise ou des plates-formes collaboratives, des structures sinon plus globales du moins éloignées de la formation. La tendance que nous publions cette semaine en témoigne d'ailleurs à sa manière : Réseaux sociaux : deux nouveaux chantiers clés pour les entreprises pionnières.

L'exemple d'ERDF, auquel nous avons récemment consacré un article (lire : ERDF région Ouest passe à l'extension de ses communautés virtuelles), est de ce point de vue assez éloquent. Comme l'expliquait le pilote stratégique du projet de réseau social e-compagnonnage, qui vise à favoriser le transfert de savoirs informels : « Faire du e-compagnonnage ne signifie pas que l'on va abandonner la formation, le tutorat au sens classique... C'est un complèment, un appui. Un élément supplémentaire avec un potentiel différent. » Et de fait qui se déroule dans un lieu différent de celui de la formation.

Cet état des lieux condamne-t-il toute tentative de rapprocher apprentissages formel et informel ? Sans doute que non. Pas plus qu'il n'induit un jugement sur l'intérêt d'un tel rapprochement. Mais il montre en tout cas le chemin qu'il reste à parcourir si ce n'est pour casser les silos pour tout au moins s'adapter à eux.

Pour terminer cet édito, vous découvrez cette semaine la nouvelle version de Collaboratif-info. Comme vous le remarquerez, nous avons d'abord cherché à améliorer l'ergonomie, faciliter la navigation, la lisibilité du contenu. Des dysfonctionnements ont été également corrigés. Enfin, une nouvelle rubrique fait son apparition : Fiches Logiciels. Réalisée en partenariat avec le cabinet de conseil Useo, elle vous présente une trentaine de solutions collaboratives, et les usages auxquels elles sont adaptées. Bien sûr, cette base s'enrichira d'autres solutions et sera régulièrement actualisée, ne serait-ce qu'à l'occasion des nouvelles versions des logiciels présentés.
 

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