Entreprise 2.0 : bon sens et désir d'intelligence

Pas de wikis, de blogs, d'espace de travail virtuel ni de réseau social : le seul outil dont le collaborateur dispose pour partager au sein de l'entreprise est l'e-mail avec ses pièces jointes ? Alors ce dernier devient pour lui l'outil de collaboration par excellence.

Voudrait-il que l'on remplace l'e-mail par un autre outil ? Certainement pas, il est indispensable. Mais si d'autres outils peuvent venir le compléter, pourquoi pas. C'est d'ailleurs le rôle dévolu à la messagerie instantanée quand le collaborateur en dispose, mais aussi aux réseaux sociaux professionnels publics.

Quels autres outils, justement, souhaiterait-il voir installer pour compléter l'e-mail et travailler plus efficacement ? Si la moitié des collaborateurs sont indécis devant cette question, l'autre moitié en revanche se lâche. Et tout y passe : messagerie instantanée, blogs, outil de conférence en ligne, réseau social interne ou externe, outil de microblogging, wikis, espace de travail virtuel.

Si l'utilisateur – tel qu'on peut en dessiner le portrait à travers l'étude Entreprise intelligence 2010 réalisée par JEMM Research et sponsorisée par IBM – donne un peu l'impression de subir toutes les calamités du néant 2.0, c'est peut-être dû à la faible représentation de collaborateurs issus de départements où les pratiques collaboratives sont le plus développées, notamment la R&D (3% du panel) et le Marketing et Ventes (7%). Néanmoins, face à tant d'adversités, il faut reconnaître à ce collaborateur une sacrée dose de bon sens. Et, surtout, un formidable désir de collaboratif.

Un désir cependant contrarié. Dans la sphère privée, le collaborateur choisit ses applications, mais « dans l'enceinte de l'entreprise, il n'est plus question de choisir ni même de donner un avis, indiquent les auteurs de l'étude. Au vu de la capacité d'innovation du monde grand public et à l'heure des discours sur l'alignement entre l'informatique et les métiers, il reste un grand pas à faire. »

Heureusement, ce pas certains l'ont déjà franchi. Si le propre du collaboratif est de commencer souvent au sein d'un service, sous l'impulsion d'un utilisateur et un peu à côté de la direction informatique, de belles histoires de DSI 2.0 commencent à voir le jour, nous aurons l'occasion d'y revenir dans de prochaines éditions. De belles histoires qui, précisément, construisent ce pont entre le monde du web 2.0 grand public et les métiers de l'entreprise, et qui répondent au désir de collaboratif des utilisateurs.

Pour être intelligente, l'entreprise doit devenir user-centric. L'émergence de DSI 2.0 montre que ce mouvement est bel et bien en marche. En attendant, qui en voudra à l'utilisateur de s'en tenir à son bon sens ?

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