Entreprise 2.0 : en attendant les géants du logiciel

Où en est l'Entreprise 2.0 ?  C'est ce que nous vous proposons de découvrir cette semaine dans un article (Grands enjeux et petites recettes dans le monde 2.0) faisant suite à l'Enterprise 2.0 Summit, qui se déroulait la semaine dernière à Paris.

Indéniablement, les choses avancent. Elles se clarifient, se précisent. De nouvelles pistes sont explorées. Une avancée que l'on ne retrouve malheureusement pas toujours dans le monde du logiciel, pourtant censé outiller cette entreprise 2.0 en construction.

Je ne parle pas ici des « purs » spécialistes du 2.0. La récente étude du cabinet Lecko sur les réseaux sociaux d'entreprise (nous en rendons compte ici) montre au contraire que là aussi les choses avancent.

Au passage, le groupe des éditeurs francophones (les Français et le Belge Knowledge Plaza) continuent de se distinguer sur le plan de l'innovation, conservant une longueur d'avance sur le groupe composé de leurs concurrents étrangers, en très grande majorité américains.

Mais il est vrai qu'être un spécialiste américain du réseau social d'entreprise et se retrouver dans le même groupe qu'un Microsoft ou un Salesforce doit bien casser la moyenne.

Car, ces deux dernières années, ces mastodontes du logiciel et spécialistes d'un peu tout n'ont justement pas manqué d'esprit d'initiative pour apparaître comme les champions de l'entreprise sociale, collaborative ou 2.0, au choix.

Beaucoup de bruit pour rien, ou si peu ?

Oracle et Salesforce ont par exemple multiplié les rachats dans les domaines du Social CRM et du Social Marketing. Quant à Microsoft, il a livré un Sharepoint 2013 et racheté le RSE Yammer.

Pourtant, il semble bien que Microsoft ait d'autres priorités que d'avancer sérieusement sur l'intégration de Yammer à ses autres solutions, que ce soit Sharepoint, Office 365 ou Dynamics CRM. Et passons sur la dimension sociale de Sharepoint...

Quant à Salesforce, il a beau communiquer régulièrement sur son offre de communautés clients 2.0, il masque difficilement que le périmètre de cette solution ne va pas beaucoup plus loin que le ticketing. Normal que les entreprises souhaitant une véritable gestion de communauté lui préfèrent un Dimelo ou un Lithium.

Cela n'enlève rien à la qualité de Chatter et à celle de son intégration au CRM de l'éditeur. Mais les convictions « sociales » de Salesforce se sont largement réduites depuis l'année dernière, comme je l'avais déjà évoqué dans un édito.

Je passerai rapidement sur IBM qui, bien que disposant d'une belle solution de RSE, s'est découvert une nouvelle marotte dans la gestion des talents avec Kenexa. Sans doute un domaine beaucoup plus facilement rémunérateur que celui des réseaux sociaux d'entreprise.

Il doit d'ailleurs s'y retrouver face à un Oracle, dont l'événement utilisateurs français fin janvier comportait quelques beaux cas de marketing ou de gestion des ressources humaines (à l'instar de celui dont nous rendons compte cette semaine : Pernod Ricard gère ses talents avec agilité grâce au Cloud). Mais de réseau social d'entreprise ou d'entreprise sociale, point, si ce n'est dans le discours.

Les plus optimistes se diront qu'il faut bien commencer quelque part ou que la patience est la reine de toutes les vertus. Aux autres, il est plus que conseillé d'abandonner leurs illusions dans les géants du logiciel et de passer fissa au plan B. Le référentiel de Lecko montre qu'il n'y a que l'embarras du choix.

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