Entreprise 2.0, méfiez-vous (parfois) des imitations

Les réseaux sociaux d'entreprise (RSE) de première génération qui s'inspirent de Facebook et Twitter, les Jive, Yammer et consorts, sont des échecs. Pourquoi ? Pour cinq raisons : ils présupposent que la collaboration sera spontanément massive, ils singent le design de produits grand public faits pour divertir, ils échouent à mobiliser faute de ne pas coller à la culture et l'organisation de l'entreprise, ils imposent des changements de fond en termes de processus de travail et de circulation de l'information, et ils remettent en cause la manière dont les décisions sont prises, brouillant le leadership.

Ce constat, ce n'est pas moi qui le dresse mais Jostle, l'éditeur canadien de la plate-forme People Engagement, désormais disponible en France comme nous vous l'annonçons dans un article cette semaine.

Positionnant sa solution comme un intranet de nouvelle génération, Jostle ne descend pas seulement en flamme les RSE, mais aussi Sharepoint et les intranets à l'ancienne. Il leur reproche entre autres d'être centrés sur les documents et non les personnes, ou d'être incapables de servir de canal à ce qui se passe en temps réel dans l'entreprise.

Le mot d'ordre de Jostle (qui tient d'ailleurs à se différencier de la notion d'entreprise 2.0, correspondant pour lui aux RSE à la Facebook ou Twitter) est quant à lui double : amplifier la culture de l'entreprise et favoriser le travail des équipes.

L'éditeur canadien n'est bien sûr pas le seul à vouloir proposer une plate-forme tirant parti des technologies sociales tout en cherchant à épouser au plus près la structure et le fonctionnement normal de l'entreprise.

Une start up française que nous vous avions présentée l'année dernière, My Live Company, peut ainsi s'inscrire dans la même lignée philosophique, bien qu'au contraire de Jostle elle rattache sa plate-forme à la famille des RSE (voir notre article : My Live Company, le réseau social d’entreprise pragmatique).

L'intranet 2.0, un espace trop Top-Down pour susciter l'engagement ?

Indépendamment de l'intérêt réel de solutions comme My Live Company ou People Engagement, il convient pourtant de préciser que les RSE « normaux » sont loin d'être condamnés à n'être que dans la rupture.

Certaines entreprises sont ainsi capables de les faire ressembler trait pour trait à ce qu'elles sont sur le plan organisationnel et fonctionnel. On y trouve alors, par exemple, des communautés qui sont en fait des groupes projet ou des équipes bien établies.

Tant mieux si elles en tirent profit, mais c'est vrai qu'une telle voie tranche avec la philosophie initiale des RSE, censés favoriser la transversalité, la création de liens par-delà les silos, etc.

Cela dit, la rupture la plus difficile à effectuer n'est pas toujours où on le croit, et l'intranet 2.0, auquel peut se rattacher la solution de Jostle, en fournit un bon exemple.

A la Société Générale, qui tour à tour a déployé un intranet 2.0 et un réseau social d'entreprise, SG Communities (nous lui consacrons un article retour d'expérience cette semaine), les responsables qui ont mené ces deux projets ont pu le constater.

L'intranet, même 2.0, nous racontent-ils, reste perçu comme un espace Top-Down, à l'inverse du RSE, considéré comme un lieu identitaire, que les collaborateurs s'approprient et sur lequel ils contribuent plus facilement que sur le premier, où ils ont le sentiment d'être exposés à la vue de tous.

Comme quoi susciter l'engagement et servir de canal à ce que vit l'entreprise en temps réel et en réalité suppose parfois de prendre un autre chemin que celui conduisant à être la simple imitation de la dite entreprise.

PS : En plus de l'article que nous lui consacrons, vous pouvez découvrir la plate-forme de Jostle dans cette video : People Engagement. Contrairement à ce que pourrait laisser penser cet édito, elle est intéressante...

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