Entreprise 2.0, un penchant trop élitiste ?

« Lorsque vous lisez des ouvrages sur l'organisation 2.0, vous vous rendez compte que cela ne concerne en fait que des cadres, mais jamais des personnes qui sont sur une chaîne et qui pourraient avoir accès à l'information, donner leur avis sur l'organisation de l'entreprise, ou encore sur l'état de leur machine. »

Cette remarque est celle d'un manager d'Hervé Thermique. Il faut dire que dans cette entreprise composée essentiellement de plombiers, de chauffagistes ou encore d'électriciens, bref de collaborateurs dont le métier est d'être sur des chantiers, tout salarié dispose d'un PC et accède à l'intranet et aux outils collaboratifs (lire notre retour d'expérience : Hervé Thermique, du collaboratif dans les gènes).

Une situation effectivement plutôt rare, il faut bien l'avouer, parmi les entreprises disposant d'une proportion de leurs salariés que le métier ne prédispose pas à être connectés. Car s'il est d'usage de dire que le 2.0 remet l'humain au cœur du système, le centre des préoccupations est souvent l'information et son trop-plein, et donc pas vraiment tous les humains. Et même quand on concède finalement qu'à tous les niveaux le travail est bel et bien une question de savoir, de compétences, à échanger, acquérir ou parfaire, en clair que nous sommes tous des travailleurs du savoir, de fil en aiguille le champ a vite fait de se rétrécir.

Si par son centre de gravité social l'Entreprise 2.0 constitue à n'en pas douter une avancée en termes de Knowledge Management, d'innovation participative ou encore de formation interne, elle n'a donc pas encore été aussi loin que ces différents domaines sur la voie de l'implication de tous.    

La question ne se réduit d'ailleurs pas qu'au savoir. Les débats qui ont émaillés le salon Solutions Intranet autour des réseaux sociaux montrent qu'à côté de la tendance « utilitariste », focalisée sur les objectifs business, une tendance « humaniste » veut croire en une Entreprise 2.0 porteuse de mieux-être et de liberté (lire : Solutions Intranet : ce qu'il faut retenir des débats sur les réseaux sociaux).

Que la première ait pour elle l'avantage de l'efficacité à court terme n'invalide pas pour autant la seconde. In fine, et l'exemple d'Hervé Thermique le montre, l'Entreprise 2.0 est une histoire de culture d'entreprise, et non l'histoire de la culture d'une partie de l'entreprise.

Promo Newsletter