Entreprise numérique : panique à la DSI, pas à la DRH

51 % des directeurs des systèmes d'information s'estiment incapables de faire face à la déferlante numérique qui s'abat sur l'entreprise et craignent qu'elle les submerge en raison de sa rapidité. Ils sont par ailleurs 42 % à juger ne pas disposer, au sein de leur département, des compétences nécessaires pour gérer les changements induits par cette numérisation tous azimuts.

Ce constat, c'est celui que dresse le cabinet Gartner, suite à une étude réalisée auprès de 2339 DSI présents dans 77 pays à propos de cette révolution numérique, que Gartner voit comme une nouvelle ère de l'informatisation de l'entreprise, s'ouvrant en 2014.

« Les DSI sont confrontés aux mêmes défis que les années précédentes, mais ils sont en plus face à une source continue d’opportunités et de menaces liées au numérique. Une numérisation qui soulève des questions en matière de stratégie, de leadership, d'organisation, de compétence, de financement, entre autres choses », explique Dave Aron, analyste chez Gartner.

En France, la vision des DSI est même plus noire qu'ailleurs, puisque 55% pensent que leur entreprise est incapable de gérer cette révolution numérique, 52% jugeant n'avoir pas les compétences appropriées en interne.

Ceci expliquant en partie cela (ou n'arrangeant pas les choses), Gartner indique que les budgets des DSI ne devraient guère évoluer cette année. Tout juste 0,2 % en moyenne. « Ce sera un sacré défi de répondre aux besoins de rénovation des systèmes et services IT et, en même temps, d'exploiter les nouvelles pistes technologiques », remarque Dave Aron.

La collaboration en huitième position, le social à la douzième

Pour sa plus grande chance (même si parfois c'est la conséquence d'une remise en cause de sa capacité à répondre à temps aux besoins des utilisateurs), le cabinet note que la DSI ne sera pas seule à assumer les investissements numériques. En France, 27 % des dépenses en la matière devraient ainsi se faire sur les budgets d'autres directions, le marketing prenant en charge plus d'un tiers de ce volume (8 %). 

Côté hiérarchie des chantiers, c'est la Business Intelligence et les technologies mobiles qui prennent les deux premières places, suivies des infrastructures et Datacenter, du Cloud, de la sécurité, du digital marketing et des PGI.

La collaboration pointe quant à elle en huitième position et le social, bon dernier, en douzième. Entre les deux, l'on trouve le BPM, le CRM, les technologies opérationnelles et l'internet des objets.

Bref, un programme chargé, dont on comprend sans peine qu'il panique les directeurs des systèmes d'information.

A la DRH, en revanche, peu d'inquiétude, comme le montre la nouvelle édition du toujours très instructif Observatoire des DRH et de l'e-transformation, réalisé par le cabinet Arctus, auquel nous consacrons cette semaine un article.

Si les DRH sont de plus en plus enclins à s'emparer des technologies numériques, ils font montre de moins d'empressement pour s'attaquer à certaines de leurs conséquences. A un horizon de cinq ans (quand même...), le management des hommes se place ainsi en avant-dernière position des priorités, juste devant les relations sociales. En tête de liste figurent la formation, le travail à distance et le télétravail, le recrutement...

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