Facebook bousculé par le coronavirus

L'idée viendrait du gouvernement américain : utiliser les données de localisation des utilisateurs de smartphone afin de cartographier la propagation du Covid-19 et d'identifier les foyers épidémiques.

Selon le journal Washington Post du 18 mars, cette idée aurait été soumise aux grands acteurs technologiques, Apple, Facebook et Google en tête. Mais ces derniers n'ont pas été très emballés, semble-t-il. Les scandales à répétition sur l'exploitation des données personnelles sont passés par là.

Lors d'une téléconférence de presse téléphonique, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, a d'ailleurs démenti cette information. Pour l'heure, la première préoccupation du réseau social concerne son infrastructure.

Avec le confinement croissant de la population en Europe comme aux Etats-Unis, notamment, les interactions sur les canaux numériques explosent. Le niveau d'appels passés via WhatsApp et Messenger a ainsi doublé, dépassant le pic d'habitude atteint lors du nouvel an.

« A ce stade, la majorité des pays ne connaissent pas encore d'épidémies massives. Mais si jamais l'on en arrivait là, nos infrastructures doivent être prêtes pour que ce ne soit pas la débâcle. Nous avons un rôle à jouer pour soulager la solitude", a souligné Mark Zuckerberg.

La modération au ralenti

Mais c'est aussi sur le front de la modération que le réseau social est mobilisé. Un sujet tout aussi épineux que celui des données personnelles, sur lequel il est régulièrement épinglé.

« Nous sommes en train de réorganiser la modération des contenus les plus sensibles. Nos employés à plein temps vont s'en occuper pour l'instant », a précisé Mark Zuckerberg.

Sachant que le réseau social fait normalement aussi appel à des sous-traitants pour la modération de contenus, le nombre de modérateurs va ainsi baisser significativement.

Pour compenser, Facebook va miser davantage sur son système d'intelligence artificielle, afin qu'il détecte les publications suspectes concernant les sujets moins importants.

« On peut s'attendre à une efficacité un peu moindre dans les domaines moins urgents », a cependant reconnu Mark Zuckerberg.

Sauf que dans la nuit du mardi 17 mars, ce sont de nombreux articles de presse portant sur le coronavirus qui ont fait l'objet d'une censure par l'intelligence artificielle du réseau social.

« Nous pensions être les seuls concernés par cette erreur, mais avons rapidement compris qu’il s’agissait d’un bug au niveau global de Facebook, témoigne par exemple le site français Numérama dans un article. De nombreux sites d’informations américains sérieux ont connu la même chose : Business Insider, The Atlantic, Politico, BuzzFeed News, etc. »

Mark Zuckerberg a indiqué qu'il s'agissait d'un bug technique dans le système de détection de spams. Mais entre un effectif de modérateurs en baisse et une intelligence artificielle de toute évidence perfectible, les choses pourraient se compliquer.

Si Facebook a réussi à s'éviter de potentiels soucis en esquivant l'idée du gouvernement américain d'un usage des données personnelles pour traquer le coronavirus, le sujet de la modération risque en revanche de devenir de plus en plus critique pour le réseau social avec la crise sanitaire actuelle.

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