Facebook et Twitter à la peine et les nuages s'amoncellent

Cet été, les investisseurs n'auront pas fait de cadeau. Le 26 juillet, Facebook plongeait de 19 % à la bourse de New York, effaçant quelque 120 Md€ de capitalisation boursière en une journée. Du jamais vu à la bourse américaine. En cause, des résultats décevants. Le lendemain, Twitter l'imitait, chutant de 20,5 %.

Pour le réseau social à l'oiseau bleu, c'est l'annonce d'une baisse du nombre d'utilisateurs de 1 million qui a rendu nerveux les investisseurs. En début d'année, ils avaient retrouvé espoir : ce nombre était en augmentation et, cerise sur le gâteau, le PDG Jack Dorsey leur annonçait un taux d'engagement en progression (voir notre article).

Le retour à 335 millions d'utilisateurs mensuels aura refroidi l'atmosphère et l'annonce d'une nouvelle baisse anticipée sur le trimestre suivant rien arrangé à l'affaire. Twitter explique ce déclin par le nettoyage qu'il a entrepris concernant les comptes fictifs, propagateurs de spam ou de Fake News. Mais l'entrée en vigueur du RGPD (Règlement européen sur la protection des données personnelles) lui aurait aussi fait perdre quelques plumes.

Les investisseurs devaient cependant avoir le doigt déjà sur la gâchette et l'oreille peu sensible aux bonnes nouvelles, car, sur un an, le nombre d'utilisateurs mensuels progresse de 2,8 %. Et celui de ceux qui sont actifs sur le réseau social au quotidien aussi, de 11 % sur un an et de 10 % par rapport au trimestre précédent.

De plus, sur le plan financier, la tendance semble aussi bonne, puisque le chiffre d'affaires progresse de 24 %, à 711 M$, et que les bénéfices atteignent 100 M€, aidés il est vrai par la réforme fiscale aux Etats-Unis, à hauteur de 42 M$. Mais c'est quand même la première fois que Twitter aligne trois trimestres positifs de suite. Il y a un an, il était encore en perte de 116 M$.

Une manne publicitaire menacée

Côté Facebook, la situation ne semblait pas non plus catastrophique. Le chiffre d'affaires était en hausse de 42 %, à 13,2 Md$, les bénéfices de 31 %, à 5,11 Md$, et le nombre d'utilisateurs mensuels actifs de 11 % sur un an, à 2,23 milliards.

Problème, après les différentes polémiques sur l'utilisation des données personnelles (voir notre article), avec notamment l'affaire Cambridge Analytica, ou sur la propagation de Fake News, les investisseurs devaient être sur leur garde. Ils n'ont pas loupé l'action de la société quand David Whener, le directeur financier de Facebook, a précisé que le taux de croissance allait continuer de ralentir cette année et que les nouvelles possibilités offertes aux membres du réseau social en matière d'utilisation des données personnelles impacteraient la croissance des revenus. Comprendre : remettrait en cause la manne publicitaire.

Ils ne devraient pas être plus rassurés après l'étude plubliée hier par l'institut Pew Research Center, indiquant que 26 % des Américains ont supprimé l'application Facebook de leur smartphone au cours des douze derniers mois, le pic étant atteint par les 18-29 ans, qui sont 44 % à l'avoir fait.

Quand ils n'ont pas pris une décision aussi radicale, les utilisateurs sont quand même 42 % à déclarer avoir mis de côté l'application depuis plusieurs semaines et 54 % à avoir modifié leurs réglages de confidentialité. Dans ce dernier cas, les plus jeunes sont encore les plus impitoyables, ils sont 64 % à l'avoir fait.

Mais les investisseurs ne devraient pas être au bout de leur peine, car les nuages s'amoncellent. Et là Facebook et Twitter sont dans le même bateau. Après les auditions de leurs dirigeants au Congrès américain suite à l'accusation portée contre les deux réseaux sociaux d'avoir servi à manipuler l'opinion pendant la dernière élection présidentielle américaine, plane désormais la crainte d'une régulation accrue. Les jours ou semaines qui viennent risquent d'être difficiles.

 

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