Facebook, l'alpha mais pas l'oméga

Marcher sur les plates-bandes de Linkedin et de Viadeo et concurrencer les réseaux sociaux d'entreprise (RSE), notamment Yammer, Chatter et Jive... Le lancement de la version bêta de Facebook at Work aura donné des ailes à certains commentateurs.

L'on en a même vu avancer que Facebook pourrait activer on ne sait quels leviers magiques pour réussir où les projets de RSE ont échoué à démontrer leur efficacité. S'il ne faut préjuger de rien et qu'il est aussi permis de rêver, nul n'est pourtant forcé de cultiver la superficialité, y compris sur un sujet aussi complexe que l'adoption d'un RSE.

Mais passons sur la question des RSE, pour laquelle je vous renvoie à notre article L'arrivée de Facebook dans le monde professionnel n'émeut guère l'écosystème.

Une chose est cependant certaine : si Facebook peut être critiqué sur de nombreux points, il faut bien lui reconnaître une détermination fidèle à creuser son sillon autour du partage.

Il l'a montré sur le terrain de la messagerie avec Messenger, lancée en 2013, ou en rachetant WhatsApp l'année dernière. Ou à travers des innovations apparues aussi en 2014, comme Rooms, qui permet de créer des mini-réseaux sociaux privés, Mentions, l'application facilitant les interactions des célébrités avec leurs fans, Paper, un agrégateur de contenus d'actualités, ou encore Slingshot, pour le partage de photos éphémères à la Snapchat.

Un usage RH adapté à chaque réseau social

Mais pour en revenir au monde de l'entreprise, il n'a pas fallu attendre Facebook at Work pour que le réseau social constitue le quotidien de nombreux professionnels et organisations pour communiquer ou interagir avec leurs communautés, prospects, candidats potentiels, écosystème…

De ce point de vue, Facebook n'est cependant qu'une source d'information et d'interaction parmi d'autres, les entreprises ne s'étant pas contentées de s'approprier le réseau social, mais également ses congénères.

Sur le terrain des ressources humaines, par exemple, elles ont même adapté leur stratégie à la nature propre des trois plates-formes leaders : Facebook et les réseaux sociaux professionnels Linkedin et Viadeo.

Et quelles que soient les nouvelles possibilités fonctionnelles que pourrait offrir Facebook et les nouveaux usages que celles-ci seraient susceptibles de favoriser, rien ne dit que l'équilibre entre ces différents réseaux sociaux serait bouleversé. Un équilibre qui tient davantage à l'utilisation qu'en font leurs membres.

En matière de recherche d'emploi, par exemple, une étude réalisée en septembre dernier par Adecco montrait que Facebook restait largement derrière Linkedin. Parmi les personnes indiquant utiliser un réseau social pour cet usage, seules 17,1 % avaient fait le choix de Facebook, contre 35,3 % Linkedin. En France, c'est Viadeo qui arrivait en tête, à 13 %, contre 10 % pour  Linkedin et 5,9 % pour Facebook.

On ne peut pas dire que l'apparition des pages entreprise sur Facebook il y a cinq ans maintenant et que les différents dispositifs lancés par les entreprises ou des éditeurs pour recruter sur le réseau social n'aient changé grand-chose à l'affaire. Même si Facebook constitue bien, malgré tout, un canal de recrutement indéniable, comme nous l'avons montré dans de nombreuses enquêtes publiées sur Collaboratif-info.

Des outils tiers pour centraliser flux et données

Une autre inconnue tient d'ailleurs à l'usage qu'en font les entreprises elles-mêmes en termes de RH. A l'instar de ce qui se passe dans le marketing ou la relation client, la tendance est à l'utilisation d'outils tierces centralisant les flux et données issus des différents réseaux sociaux et permettant de les traiter en interne, y compris de manière collaborative.

Un bon exemple récent est fourni par Hello Talent, du Français Talentsoft, qui se connecte directement à Linkedin et Facebook mais peut aussi puiser dans Viadeo dans une optique de sourcing collaboratif (voir notre article).

Si Facebook est bel et bien le modèle originel des autres réseaux sociaux, y compris ceux d'entreprise, il ne constitue donc pas pour autant la fin de toutes choses. En dépit de sa capacité d'innovation, du volume de son audience ou de ses marges de manœuvre financières.

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