Facebook sur la sellette, une aubaine pour ses concurrents locaux

« Trop c'est trop ! Les excuses de Mark Zuckerberg ne suffisent plus », tonne Thomas Fauré. L’enchaînement de révélations sur les pratiques de Facebook et les timides réponses apportées par son fondateur donnent du grain à moudre au président de Whaller, éditeur d’une plate-forme sociale d’entreprise.

Une nouvelle fois, il alerte les pouvoirs publics et les patrons de grands groupes sur les dangers des modèles basés sur l’exploitation des données des utilisateurs. En février dernier, il était déjà monté au créneau à l’occasion de la Journée sans Facebook.

Son discours et celui d’autres éditeurs français commenceraient-il à porter ? Des signes convergents témoignent d’une prise de conscience de la part d’entreprises de plus en plus sensibilisées au sujet depuis l’entrée en vigueur le 25 mai dernier du règlement général sur la protection des données (RGPD).

Le coup d’éclat de Continental

Un groupe français spécialisé dans les cosmétiques naturels a récemment retenu la plate-forme Whaller face à Workplace de Facebook. Les garanties apportées en matière de protection des données et la crainte de fuites d’information ont clairement pesé dans la balance.
 
Ce sont les mêmes arguments qui sont mis en avant par Continental pour suspendre jusqu’à nouvel ordre l’accès aux applications WhatsApp et Snapchat (Le Monde du 6 juin). La décision, qui impacte les 36 000 employés équipés d’un portable d’entreprise, est défendue par le PDG. « Les fournisseurs de technologie devraient permettre le respect de la loi sur la protection des données de manière simple », déclare-t-il.

Se priver de WhatsApp, un outil très populaire même quand il n’est pas autorisé, sera sans doute mal vécue parmi des équipes qui l’avaient adopté pour communiquer et se coordonner. Elles ne trouveront pas forcément leur compte avec la plate-forme sociale fournie par leur entreprise, mais c’est un autre débat.

Des utilisateurs concernés

En revanche, fournir une plate-forme sociale respectueuse des données des utilisateurs est un argument pour embarquer de nouveaux publics sur son réseau social d’entreprise, comme le constate un groupe d’agro-alimentaire français, qui déploie la solution de l’éditeur français talkSpirit.

Au cours de ses tournées, le responsable de projet digital est amené à répondre à des questions sur le lieu de stockage des données et sur la compatibilité avec le RGPD. Les réactions de ces utilisateurs avertis, dont certains boudent les médias sociaux grand public, montrent que les grands débats qui agitent l’économie digitale trouvent écho au sein des entreprises.

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