Gen Y, les meilleurs ambassadeurs de son réseau social ?

La tentation est forte de recruter les ambassadeurs de son réseau social d'entreprise parmi la génération Y. Après tout, c'est la catégorie de salariés la plus à l'aise avec les outils 2.0. S'appuyer sur les nouveaux venus dans l'entreprise pour faire la promotion du nouvel outil auprès des autres employés présente d'indéniables avantages. 

Tout d'abord, ils apportent un regard neuf qui fait fi des freins liés à de vieilles querelles entre individus et services. Ce qui favorise la transversalité du réseau social et fluidifie la circulation de l'information, à défaut de casser les silos. Leur enthousiasme contagieux est, en outre, un facteur d'accélération de l'adoption de l'outil. C'est enfin le moyen de faciliter l'intégration des nouveaux venus dans l'entreprise.

Cette approche, si elle est systématisée, n'est toutefois peut-être pas aussi judicieuse qu'elle y paraît à première vue. Elle présente même quelques inconvénients à prendre en compte. 

A l'aise avec l'outil, mais une connaissance métier à construire

Comme on a pu le constater dans certaines entreprises, la génération Y peut être friande, à titre personnel, des outils 2.0 et se montrer, en revanche, sceptique sur leur usage en entreprise. Cela n'est pas systématique, mais a pu être observé.

L'absence de perception des enjeux est une première explication. Une autre, plus gênante pour l'entreprise, est le lien distendu qu'elle entretient avec ses employés. Les nouveaux venus préfèrent alors cultiver leur e-réputation en dehors du périmètre de l'entreprise, dans des groupes sur LinkedIn par exemple. Cela s'est vu dans une société de services, une catégorie d'entreprises avec un fort taux de rotation du personnel.

Quand bien même les jeunes arrivés dans l'entreprise sont persuadés de l'intérêt pour l'entreprise et pour eux-mêmes d'un réseau social interne, il leur faut oser s'exprimer sur des sujets métiers que maîtrisent mieux des collègues plus expérimentés, aux compétences plus développées. Jeune ou pas, il n'est pas si facile d'afficher au regard de tous ce que l'on sait et, surtout, ce que l'on ne sait pas. 

Le risque de positionner le réseau social comme un outil pour les jeunes

Dans la plupart des entreprises, la génération Y (moins de 30 ans) est minoritaire. Dès lors, recruter ses ambassadeurs uniquement parmi la génération Y risque de renvoyer une image déformée du réseau social, celle d'un outil conçu pour les jeunes. 

Les retours d'expérience montrent que l'entreprise a au contraire intérêt à refléter la diversité de ses profils dans les individus choisis pour promouvoir le réseau social. Les managers intermédiaires, pour peu qu'ils aient été convaincus de l'intérêt du projet et qu'ils se sentent suffisamment à l'aise avec l'outil, sont des relais naturels. 

Quand ils sont moteurs, le taux d'adoption du réseau social est « boosté ». Un grand industriel français a témoigné dernièrement sur le sujet. Pour aider les managers dans cette tâche, il serait sans doute judicieux de les former brièvement aux mécanismes d'engagement, puisque l'adhésion au réseau social est librement consentie. Mais cela est un autre sujet sur lequel nous reviendrons prochainement. 

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