Happytech : gadget ou boîte de Pandore ?

Conciergerie, massages, sophrologie, cours de yoga, méditation, salles de sport... La question du bien-être a fait entrer dans l'entreprise nombre d'activités qui visent à améliorer la qualité de vie au travail.

Dans le même mouvement, les services numériques se sont aussi infiltrés et se multiplient sur la même thématique, notamment via les applications mobiles des collaborateurs.

Plates-formes d'accès aux services à proximité de l'entreprise (cours de sport, co-voiturage, conciergerie…), applications de sophrologie, de yoga ou de méditation, applications de coaching, applications de mise en relation des collaborateurs en fonction de leurs centres d'intérêt, des activités de loisir qu'ils proposent, d'œuvres d'art diffusées sur écran… La liste des possibles en matière d'happytech semble sans limite.

« La conciergerie, les massages, la sophrologie, les cours de yoga, la méditation, les salles de sport… Tout ça, c'est génial et ça fait du bien !, confirmait une spécialiste de la qualité de la vie au travail (QVT) lors du salon du Management, qui se déroulait cette semaine à Paris. Mais c'est de la qualité de vie hors travail, soulignait-elle. La QVT, ce n'est pas la cerise sur le gâteau, la petite chose en plus que vous ajoutez », insistait-elle (voir notre article : Le bien-être des salariés, une condition pour bien collaborer).

Le bien-être, un sujet sensible

Mais sur ce terrain aussi, le numérique s'est infiltré, pour mesurer le stress des salariés, évaluer leur humeur, faire remonter leurs retours, leur faire noter leur entreprise…

Que valent ces happytech qui viennent s'ajouter aux outils d'analyse scientifique du bien-être ? Difficile de savoir. Les entreprises qui les déploient restent souvent avares de détails.

Récemment, la responsable d'une organisation publique indiquait quand même qu'une application de ce type mise en place dans son entreprise constituait aujourd'hui une brique importante du projet de QVT interne. Mais elle reconnaissait aussi qu'elle était loin de rassembler toute la communauté de travail.

Reste que pour beaucoup d'entreprises, mesurer la qualité de vie au travail de leurs collaborateurs, c'est un peu ouvrir la boîte de Pandore, remarquait une autre spécialiste lors du salon du Management.

De quoi préférer rester quelque peu discret, sans doute le temps de s'assurer que la happytech ne se transforme finalement pas en cauchemar.

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