La page Facebook d’Orangina a de nouveau attiré l’attention sur les « fakes », les faux comptes sur les réseaux sociaux. Un Community Manager de la marque a généré des interactions à partir de plusieurs comptes de fans qu’il avait lui-même créés. Un moyen de doper l’EdgeRank de la page Facebook afin que ses publications soient plus visibles dans le fil d’actualités des « vrais » fans de la marque.
La supercherie a été relevée par le blog Coupdepubs, et le fait que le Community Manager se vante de ses faits d’arme sur son compte Twitter a contribué à donner de l’ampleur à la polémique. En cette période de campagne électorale, beaucoup ont relevé aussi que les faux comptes étaient monnaie courante parmi les followers des responsables politiques, ce qui n’empêche pas certains de se vanter d’être si suivis.
Pour des raisons d’égo ou d’algo, les faux comptes pullulent. Il se trouve même des sociétés pour les vendre par paquets de 1000 en affirmant que plus leur nombre sera important, plus cela inspirera confiance à d’éventuels clients ou partenaires. Cela peut prêter à sourire, mais quel Community Manager n’emporte pas sa courbe de fans lorsqu’il va reporter à sa hierarchie ?
On ne saurait trop rappeler que la vocation des indicateurs sociaux est de refléter une certaine réalité. Cette réalité, certains essaient de l’approcher sérieusement, non pas pour se faire mousser, mais pour identifier d’authentiques problèmes et prendre les décisions pour les résoudre.
Dans l’un de nos retours d’expérience de cette semaine (Lire), l’association Votre Arces revient sur son expérimentation de Lecko RSE Analytics, un service pour mesurer les niveaux d’adoption et d’engagement des utilisateurs de réseaux sociaux.
« Il faut une certaine forme de masochisme pour se frotter aux chiffres », reconnaît l’un de ses responsables. L’animation de communautés est en effet un exercice subtil où un succès est loin d’être toujours acquis. Si voir des fans de la première heure déserter n’est jamais plaisant, on est mieux armé lorsque l’on sait si la cause en est le positionnement de la communauté, la maturité des pratiques, ou bien la qualité de l’animation.
Reste après à se remettre en cause. Dans l’affaire Orangina, c’est ce qu’ont su faire les équipes de la marque. Plutôt que de blâmer le prestataire et lui faire porter le chapeau, elles ont décidé de revoir en profondeur l’organisation du Community Management et de développer davantage la formation des équipes internes sur les médias sociaux.