Inquiétudes sur l'utilisation des données personnelles

Le 25 mai 2018, entrera en application la GDPR, General Data Protection Regulation (RGPD en français, pour Règlement général sur la protection des données). Ce règlement européen concerne toute entreprise collectant, traitant et stockant des données personnelles dont l'utilisation peut conduire à identifier une personne, que ce soit de manière directe ou indirecte.

En gros, le RGPD prévoit une série d'obligations que devront satisfaire les entreprises concernées en matière de consentement des individus quant à la collecte et au traitement de leurs données ou, encore, de stockage et sécurisation.

Il semble d'ailleurs que les entreprises tardent un peu à anticiper le changement. Selon une étude réalisée par le cabinet Vanson Bourne auprès de 500 DSI en Allemagne, France et Grande-Bretagne et 200 en Amérique du Nord, 75 % d'entre eux estiment que leur entreprise ne sera pas prête à temps pour respecter le RGPD. Les points les plus critiques seraient le droit à l'oubli, l'enregistrement des activités de traitement et la sécurité de ces dernières.

En pleine transformation numérique, où la donnée est paraît-il le pétrole du XXIe siècle, voilà qui devrait faire un peu paniquer. Notamment les marques qui, pour offrir des services personnalisés, s'appuient sur des données client qui tendent désormais à proliférer partout : web, mobile, assistants intelligents, objets connectés…

Des clients en majorité méfiants

Mais ce retard n'est peut-être pas le pire. Car, côté clients, si l'on apprécie tous les bénéfices (facilité d'utilisation, meilleures recommandations, etc.) apportés par les mécanismes de personnalisation reposant sur l'usage des données personnelles, il semble néanmoins que l'inquiétude soit loin d'être au plus bas.

Une étude réalisée par le cabinet Arlington Research en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis montre que 67 % des consommateurs britanniques s'interrogent sur l'utilisation que les marques font de leurs informations personnelles (nom, e-mail, position géographique, statut marital).

Et ils sont 66 % à s'inquiéter de la sécurité de leurs données au travers des objets connectés ou des assistants personnels pour la maison, du type Amazon Echo. Aux Etats-Unis, l'inquiétude à l'égard des objets connectés touche même 73 % des sondés. Enfin, preuve que la confiance est loin d'être au rendez-vous, 32 % des Britanniques estimeraient qu'il y a un relâchement des marques à l'égard de la confidentialité des données, alors que les attaques de cybersécurité se multiplient.

Pour se rassurer un peu, la sécurité autour de l'utilisation des données n'est cependant qu'un aspect du problème. Comme le montrent les démarches d'entreprises que nous relatons dans notre article tendance cette semaine, en matière de transformation numérique, il faut aussi savoir où mettre le curseur et engager le changement culturel en interne. Des chantiers autour du client et des collaborateurs qui se révèlent sans conteste plus critiques.

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