Intelligence collective : des convaincus mais peu de pratique

La démocratie et l'entreprise, ça fait deux, et le développement de la participation citoyenne ne changera rien à l'affaire, estiment 40 % des Français. Ils ont été interrogés par BVA, dans le cadre du Baromètre de l'intelligence collective massive créé par Bluenove, cabinet de conseil spécialiste de l'Open Innovation .

Au contraire, être davantage consulté dans l'entreprise, avoir plus de poids dans la décision, pouvoir amender cette dernière : 56 % y croient. Une courte majorité. D'autant que dans le lot, sont intégrés les Français ayant répondu que, comme dans la vie associative, l'on devrait « pouvoir compter sur le volontariat pour agir ensemble » au sein de l'entreprise, ce qui n'est pas exactement la même chose que voir son avis pris en compte dans une décision.

Mais y croire n'empêche pas d'être lucide : seuls 21 % déclarent que c'est dans l'entreprise que l'intelligence collective paraît fonctionner de la manière la plus efficace.

Pourtant, dans l'entreprise, l'intelligence collective, tout le monde est pour, les salariés comme leurs dirigeants. Ils sont ainsi respectivement 96 % et 90 % à juger important que les salariés soient régulièrement consultés.

Des dirigeants satisfaits

S'il s'agit d'associer les salariés à la stratégie de l'entreprise, les avis ne sont cependant plus aussi unanimes : les salariés baissent un peu à 90 %, mais les dirigeants perdent près de 13 points, à 77 %.

Ce n'est pas le seul point sur lequel les deux populations divergent. Quand les premiers sont 62 % à déclarer avoir déjà consulté l'ensemble de leurs salariés ou un très grand nombre d'entre eux, seuls 42 % des salariés indiquent que c'est le cas.

L'écart se creuse encore sur l'attention portée à l'opinion des salariés, que 71 % des patrons jugent satisfaisante, contre 25 % des salariés.

Quant à l'intelligence collective, si tout le monde y croit, les chefs d'entreprise se distinguent encore en estimant à 76 % que le climat interne de leur entreprise la favorise, alors que les salariés sont seulement 39 % à émettre ce jugement.

Reste que c'est à se demander si cet optimisme des dirigeants n'est pas moins une illusion de perception qu'un manque d'ambition. « La modestie des démarches envisagées par les chefs d'entreprise laisse planer le risque d'un double discours face à des attentes importantes côté salariés », pointent ainsi les auteurs de l'étude.

En effet, interrogés sur les démarches d'intelligence collective qu'ils pourraient mettre en place, seule une minorité de chefs d'entreprise les imaginent massives (31 %), fréquentes (27%) ou longues (29%).

De l'intelligence collective, oui, mais pas trop quand même.

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