Interopérabilité des réseaux sociaux d'entreprise : les lignes bougent

Le paradoxe est criant. Les éditeurs de réseaux sociaux d'entreprise (RSE) prônent la collaboration, le décloisonnement et l'intelligence collective, mais ils ne parviennent pas à s'entendre entre eux pour faire dialoguer leurs logiciels. Le constat n'est pas nouveau, il n'en est pas moins regrettable et pénalisant pour les entreprises.

Il est, en effet, extrêmement courant que cohabitent plusieurs plates-formes sociales au sein d'une même organisation pour des raisons de timing (tous les services n'ont pas la même maturité et ne sont pas équipés au même moment) ou, tout simplement, d'adéquation aux besoins.

Si les RSE partagent les mêmes fondamentaux, ils se montrent plus ou moins agiles en fonction des usages : bâtir un intranet 2.0, socialiser un processus métier, outiller une démarche de gestion et de partage des connaissances, interagir avec son écosystème…

C'est pourquoi l'initiative collégiale de quatre éditeurs locaux blueKiwi, Jalios, Jamespot, Knowledge Plaza et du cabinet Lecko mérite d'être saluée. Ces cinq sociétés s'engagent à développer des systèmes simples pour articuler les applications sociales entre elles et avec les applications métier.

Un manifeste et des actions concrètes

Elles ont co-rédigé un manifeste en faveur d'un SI social interopérable. Il ne s'agit pas seulement d'une déclaration d'intention. Les signataires ne se contentent pas de partager quelques grands objectifs communs, ils s'engagent à se rencontrer régulièrement et à libérer des moyens pour faire en sorte que leurs logiciels se causent entre eux.

Six cas d'usage ont d'ores et déjà été identifiés. L'un d'ente eux vise à poster un article simultanément dans plusieurs plates-formes. La réussite de l'initiative passe par une collaboration étroite entre les membres du collectif et, tout aussi important, par la participation d'entreprises.

L'initiative n'est pas fermée à d'autres éditeurs. Quiconque adhère aux principes édictés dans le manifeste peut rejoindre le collectif. En pratique, il y a toutefois peu de chances que les ténors du domaine, Microsoft, Jive et IBM, s'investissent, sauf s'ils y sont poussés par leurs grands clients français.

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