La 3D lorgne du côté de l'entreprise 2.0

A quoi peuvent bien servir les mondes virtuels ou immersifs, à la Second Life, en entreprise ? Les serious games, la formation, les show-rooms voire le prototypage et la simulation constituent des débouchés naturels mais étroits pour une technologie aussi transversale. Cette dernière a, en outre, mûri et elle est devenue plus accessible grâce au mode Saas. Du coup, les perspectives semblent immenses. Et c'est bien là tout le problème ! L'histoire de l'informatique regorge de belles technologies disparues faute d'avoir rencontré leur public.

La start-up australienne Vastpark, dont la plate-forme a été récompensée par deux prix lors des Intraverse Awards début février à Monaco, a choisi de lorgner du côté du collaboratif. Les mondes 3D qu'elle crée peuvent venir prolonger les réseaux sociaux. Le PDG de Vastpark, Bruce Joy, met en avant la puissance de l'outil, notamment lors des réunions en ligne, pour améliorer la productivité des « knowledge workers ».

Les possibilités d'interactions sont plus développées qu'avec une solution de vidéoconférence, les moyens de contrôles plus forts aussi : une place autour de la table peut être affectée à chacun des participants, les messages sur les ordinateurs imposés... Mais le véritable intérêt réside dans la connexion avec les outils collaboratifs et leurs enrichissements. « Tout peut être capturé, recherché, taggé », insiste Bruce Joy. L'éditeur australien prévoit de développer des fonctions spécifiques pour les communautés de pratique.

Les partisans locaux de Vastpark mettent en avant d'autres arguments. David Sapiro dirige l'intégrateur Pilot Systems, qui participe au portage de Vastpark sur Linux. Il insiste, pour sa part, sur la notion d'avatar. Elle facilite le dialogue en intervenant à deux niveaux : psychologique et sociologique. Toutes les personnes ne sont pas forcément à l'aise en visioconférence. La timidité de certains, l'absence de pratique, les barrières entre les personnels de bureau et d'atelier dans l'industrie constituent autant de freins. « Dans un monde immersif, tout le monde se retrouve à égalité », plaide David Sapiro. Serge Soudoplatoff, entrepreneur qui a investi dans Vastpark, avance un argument plus inattendu : l'émotion.

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