La bonne langue pour collaborer

La recherche d'une plus grande collaboration transverse internationale constitue l'un des grands moteurs pour déployer une plate-forme collaborative. C'est le cas, par exemple, chez FM Logistic, auquel nous consacrons un article cette semaine.

Mais pour collaborer, encore faut-il parler la même langue. C'est ce qui pousse de manière évidente les entreprises internationales à imposer une langue d'échange dans les démarches communautaires qu'elles mettent en place, de manière là aussi évidente le plus généralement l'anglais.

La langue pouvant cependant constituer un frein aux échanges transverses, certaines entreprises optent pour une solution différente. Précurseur en la matière, la division Véhicules Utilitaires de Renault a fait le choix de connecter à son réseau social d'entreprise Google Translate (voir notre article : Le réseau social, version business, de Renault Pro+).

Un choix finalement logique puisque se retrouvent sur cette plate-forme toutes sortes de profils, y compris des partenaires locaux pour lesquels l'anglais aurait constitué une barrière.

Cette intégration d'un outil de traduction n'est pourtant pas si courante dans les projets de plate-forme collaborative, malgré l'enjeu majeur de la langue dans la collaboration. Côté logiciel, certains éditeurs ont cependant travaillé cette piste, à l'image du français InSpheris.

Sur sa solution, lorsqu'un article est rédigé dans une autre langue que celle de l'utilisateur, celui-ci peut d'un clic afficher sa traduction grâce à une connexion avec un traducteur automatique, Google Translate ou une autre solution installée dans l'entreprise. Et à la création d'un article, il est même possible de choisir dans quelles langues il sera automatiquement traduit, afin qu'il s'affiche directement dans la langue de l'utilisateur.

Du contenu et des mots-clés multilingues

Intégrer un traducteur automatique n'est cependant pas la seule solution pour composer avec la diversité de langues. Chez Lafarge, la plate-forme LO Knowledge, déployée sur Knowledge Plaza et destinée comme son nom l'indique à la gestion des connaissances, résout le problème de la langue en proposant pour chaque document deux champs titre et résumé : le premier doit être en anglais, mais le second peut être dans la langue du collaborateur qui partage la bonne pratique.

Si un utilisateur a, par exemple, choisi l'arabe comme langue d'interface et qu'un document dispose d'un titre et résumé en arabe, c'est dans cette langue qu'il apparaîtra. Sinon, il s'affichera en anglais. Au moins l'utilisateur saura-t-il, de cette manière, si la bonne pratique partagée peut l'intéresser et s'il est intéressant d'en avoir une traduction.

Mais l'industriel a même poussé les choses plus loin. S'il est désormais habituel que l'interface s'adapte à la langue de l'utilisateur, sur LO Knowledge, ce sont aussi les noms des espaces communautaires et les mot-clés attachés aux contenus qui sont traduits. Un travail important bien sûr non automatique, mais indispensable à mener pour faciliter l'identification et le partage de connaissances (voir notre article).

Reste un argument qui milite en faveur d'une bonne dose de pragmatisme à l'égard de la question de la langue, celui du développement de la collaboration au niveau local. Un aspect parfois oublié, alors qu'il s'agit pourtant d'un maillon essentiel d'une collaboration plus globale. Même s'il faut alors faire avec la culture managériale de chaque pays, un domaine du management où tout le monde est encore loin de parler la même langue.

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