La créativité rime avec machine à café et bureau fermé

Les organisations encouragent-elles la créativité ? Oui, répondent 61 % des 675 professionnels interrogés par le cabinet Arctus et l'Institut Boostzone pour la 3e édition de leur observatoire de la créativité.

Mauvais signe ? Ce pourcentage s'affiche en baisse par rapport à la précédente édition, publiée en 2018. Il était alors de 69 % (voir La créativité fait lentement son chemin dans l'entreprise en transformation).

Ce n'est pas le seul changement. Si l'évolution de la demande client et la révolution numérique restent en tête des facteurs qui conduisent les organisations à encourager la créativité, selon les interrogés, c'est désormais dans une moindre proportion. La première chute ainsi de 74 % à 47 % et la seconde de 61 % à 40 %.

Dans le même temps, en revanche, le facteur « perte d'engagement des collaborateurs » connaît une progression, en s'octroyant désormais la troisième place. Il passe de 27 % à 34 %. Et la RSE remonte aussi un peu, passant à 19 %, soit 11 points de plus que dans la première édition de l'observatoire en 2016.

La QVT et la RSE devant la relation client

Ces dernières évolutions restent cependant fortement déphasées par rapport aux attentes des interrogés eux-mêmes, qui continuent à penser que le renforcement de l'engagement des salariés devraient être la première motivation de l'organisation pour encourager la créativité. Ils sont 69 % à partager cet avis. Et ils classent la RSE en 5e position, à 38 %, derrière l'innovation (49%), l'efficacité et la profitabilité (48%), l'agilité opérationnelle (42%).

S'agit-il du reflet d'un malaise social global et d'une prise de conscience citoyenne, comme les auteurs de l'étude en font l'hypothèse ? Les sujets humains, sociétaux et environnementaux figurent en tout cas en tête des préoccupations des interrogés.

A respectivement 69 % et 45 %, la qualité de la vie au travail et la RSE sont ainsi les domaines dans lesquels les interrogés jugent que les organisations devraient davantage faire preuve de créativité, devant la relation client et l'innovation, ex-aequo à 42 %.

Le numérique derrière les lieux de vie

Côté dispositifs, l'innovation participative se taille la part du lion. Les organisations sont 59 % à l'avoir déployée et près de 75 % des interrogés concernés y ont pris part.

Projets en mode Test&Learn, projets de rupture ou, encore, incubateurs internes ou externes restent, eux, minoritaires. Ils sont proposés par seulement 40 % des organisations, avec un taux de participation des interrogés concernés de respectivement 66 %, 55 % et 44 %.

Si l'innovation participative trône sur les dispositifs déployés, les outils de collecte d'idées en ligne ne sont en revanche pas les espaces où les interrogés partagent le plus leurs idées.

Ils arrivent même en queue de peloton, utilisés par seulement 24 % des répondants, qui classent en tête, à 78%, les lieux de vie : cantine, machine à café, espaces extérieurs...

Et lorsque le partage se fait via le numérique, la messagerie instantanée se classe en premier (54%), suivie des espaces collaboratifs en ligne (35%) et du réseau social d'entreprise (28%).

Enfin, comme le remarquent les auteurs de l'étude, les bureaux fermés se révèlent aussi un ingrédient favorable à la créativité. Les répondants travaillant en bureau individuel estiment ainsi à 85 % que cette configuration est propice à l’expression de leur créativité.

Ceux en bureau partagé fermé, en open space ou flex office sont respectivement 65 %, 62 % et 63 % à faire le même constat. Et parmi les répondants ne jugeant pas leur configuration de bureaux propices à la créativité, 36 % pensent que des bureaux individuels le seraient davantage, 25 % penchant plutôt pour le bureau partagé fermé.

Pour télécharger les résultats complets : Observatoire de la créativité

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