La longue marche du Crowdsourcing interne

Mobiliser les compétences de l'entreprise en mode participatif (Crowdsourcing) n'est pas une mince affaire. En la matière, la première difficulté est souvent le temps que l'on accorde aux salariés pour contribuer à des activités sortant du cadre de leur mission normale, voire faisant appel à d'autres compétences que celles pour lesquelles ils sont reconnus.

Il est d'ailleurs étonnant de constater que cette question du temps accordé reste une réelle difficulté des démarches d'innovation participative, en dépit de la maturité que ces dernières ont pu atteindre après un siècle d'existence, et même en dépit du large succès qu'elles peuvent rencontrer au sein des entreprises, notamment aujourd'hui à l'heure où tout doit se conjuguer en mode collectif ou collaboratif.

« Il subsiste encore l’idée d’une perte de temps et d’énergie lorsque le collaborateur apporte ses compétences sur une autre activité que la sienne, nous expliquait Muriel Garcia, la présidente de l'association Innov'acteurs dans l'interview qu'elle nous avait accordée récemment. Au passage, d'ailleurs, ajoutait-elle, l'on peut s'interroger sur la possibilité réelle de mettre en place des démarches de Crowdsourcing internes dans un tel contexte. »

Le déclaratif, une solution trop simple

L'autre grande difficulté des initiatives de Crowdsourcing concerne les compétences elles-mêmes qui sont reconnues aux salariés.

De ce point de vue, la vague des plates-formes sociales promettait la grande révolution, avec la possibilité pour chacun de déclarer dans sa fiche profil ses compétences et la capacité pour tous d'identifier ainsi facilement les bons profils.

Une solution sans doute trop simple, qui s'est vite heurtée à plusieurs écueils liés à sa nature déclarative. Entre des salariés réticents à faire valoir leurs diverses compétences pour toutes sortes de raisons et une hiérarchie ou des directions de ressources humaines peu disposées à lâcher la bride sur la question, il y avait de quoi déjà refroidir les espoirs.

Mais il faudrait aussi ajouter, au rang des écueils, les exemples qui ont si bien marché que la liste des compétences s'est soudain retrouvée en situation d'inflation galopante, le sérieux cotoyant l'exotique, pour ne pas dire le loufoque.

Toutes ces difficultés ne sont pourtant pas une fatalité. La démarche d'intrapreneuriat menée chez Enedis Paris que nous vous présentons cette semaine en fournit d'ailleurs une bonne illustration (Enedis change les règles de l'innovation participative au profit de l'intrapreneuriat). La preuve que le Crowdsourcing interne peut poursuivre sa marche en avant.

Promo Newsletter