La part de mystère des communautés de pratique

L'institutionnalisation des communautés de pratique est assurément une bonne chose pour leur pérennité. A condition toutefois qu'elles parviennent à préserver ce qui fait leur originalité et leur puissance. Ce qui nécessite de cultiver une part de mystère.

Dans un long article publié en mars 2010 dans Harvard Business Review (Harnessing Your Staff's Informal Networks), Richard McDermott et Douglas Archibald observent que ces réseaux internes d'experts sont de plus en plus intégrés dans les structures hiérarchiques officielles des entreprises. Cela se vérifie d'ailleurs dans de nombreuses entreprises françaises.

A l'origine entités indépendantes qui choisissaient elles-mêmes leurs thèmes de réflexion, les communautés de pratique sont amenées à se focaliser sur des sujets déterminés par le haut management. Une évolution qui ne remet pas nécessairement en cause leur nature, mais nécessite de bien articuler leur rôle dans l'organisation.

Ce n'est pas sans conséquence pour le leader ou l'animateur dont les tâches hors présentiel prennent davantage d'importance. Il lui incombe de faire l'interface avec l'amont pour que la communauté soit alimentée régulièrement en idées stratégiques et avec l'aval afin que les livrables qui ont été produits soient valorisés, voire exploités.

Assumer le côté « boîte noire »

Alimentée en sujets par des services de l'entreprise, fournisseur de livrables, la communauté de pratique se fond dans le fonctionnement de l'entreprise. Elle conserve néanmoins quelques spécificités qui sont sa raison d'être : adhésion volontaire des membres, fonctionnement à plat sans hiérarchie, approche le plus souvent transversale des problématiques...

En outre, parce que les sujets qu'elles traitent n'ont pu être résolus par l'organisation de l'entreprise, une communauté de pratique a le droit, et même le devoir, d'oser et de sortir des sentiers battus en termes de fonctionnement et d'animation de l'équipe. Dans la tendance que nous publions cette semaine, 7 problématiques d'animation et leurs réponses techniques, vous en trouverez quelques exemples.

Mais dans le même temps, la communauté de pratique doit chercher à se protéger de l'extérieur et donc assumer un côté « boîte noire » : ce qui se dit et ce qui se fait à l'intérieur de la communauté ne concernent que ses membres. Le making off n'est pas souhaitable, tout du moins tant que les objectifs qui ont été fixés n'ont pas été atteints.

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