La saga des données personnelles continue chez Facebook

Vous faites partie des 2,32 milliards d'utilisateurs de Facebook ? Bonne nouvelle, vous pourrez bientôt effacer certaines données personnelles que le réseau social capte lors de votre activité sur des applications ou sites web.

Le directeur financier de Facebook, David Wehner, l'a annoncé le 26 février dernier, lors d'une conférence, en promettant cette possibilité pour le courant de l'année.

Concrètement, l'utilisateur pourra visualiser quels sites et applications ont transféré à Facebook des données, supprimer ces dernières et empêcher le réseau social de les stocker.

« Cela va créer pour nous des obstacles pour cibler la publicité avec autant d'efficacité qu'auparavant, a expliqué le directeur financier. Mais je pense que nous avons, jusqu'ici, relativement bien navigué dans un paysage en plein changement et qui va apporter plus de difficultés pour croître. »

Il aurait pu préciser : « navigué tranquillement ». Car, entre l'annonce initiale de cette possibilité faite par le PDG Mark Zuckerberg en mai 2018 et cette arrivée promise courant 2019, l'attente devrait donc frôler l'année. Pas mal, dans un monde du cloud où les évolutions fonctionnelles des applications se mènent généralement à un rythme effréné.

Le DFS à la manœuvre

La révélation, par le Walt Street Journal du 22 février dernier, que Facebook récupére des données sensibles via App Events, son outil d'analyse de l'activité de l'usager installé sur des applications mobiles tierces, a-t-il incité le réseau social à faire passer le message qu'il était bien à la tâche sur le sujet ?

Peut-être. Mais la promesse ne serait alors même plus à la hauteur. L'enquête menée par le Walt Street Journal révèle, en effet, que les données collectées (notamment de santé) sont celles de tout un chacun, et non seulement des utilisateurs de Facebook.

Officiellement, le réseau social botte cependant en touche. « La question est comment les apps utilisent ces informations pour la publicité en ligne, a défendu une porte-parole du groupe interrogée par l'AFP. Chez Facebook, nous exigeons des développeurs qu’ils soient transparents avec leurs utilisateurs à propos des informations qu’ils partagent avec nous et nous leur interdisons de nous envoyer des données sensibles », a-t-elle indiqué.

Le régulateur des services financiers de l’Etat de New York (DFS), lui, ne l'entend pas de cette oreille. Jeudi 28 février, il a ouvert une enquête. Selon l'AFP, il demande au réseau social de lui communiquer les noms de toutes les applications lui ayant envoyé les données de leurs utilisateurs lors des trois dernières années, la nature de ces informations, ainsi qu'une liste des habitants de New York dont les données personnelles lui ont été communiquées à leur insu.

Facebook a jusqu'au 15 mars pour fournir ces informations et va donc devoir naviguer moins tranquillement. Mais il pourrait aussi regretter de l'avoir fait jusque-là, le DFS étant connu pour ne pas lésiner sur les montants des amendes qu'il inflige à ceux qu'il prend la main dans le sac.

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