La séduction ne suffit pas à faire le succès d'un réseau social

Est-ce que les entreprises ne se trompent pas de priorité en accordant autant d'importance au look de leurs logiciels sociaux ? Les promoteurs des projets insistent régulièrement sur le fait que l'outil doit donner envie.

L'adhésion étant la plupart du temps laissée au bon vouloir de chacun, le réseau social d'entreprise (RSE) mise sur la séduction pour se faire une place entre l'incontournable messagerie et l'intranet vieillissant, mais toujours présent.

En prenant la main sur les projets, les directions métiers manifestent de nouvelles exigences. Elles veulent du fun, du beau, de l'agréable à regarder, bien loin de ce que leur ont proposé les directions informatiques depuis des années. 

Elles sont confortées par le succès d'Apple qui a mis en évidence l'importance du design (voir à ce sujet : les 6 leçons que nous pouvons retenir de Steve Jobs).

Le pratique prime sur le beau

Ces attentes sont tout à fait justifiées. Il n'y a pas de raison que les logiciels d'entreprise affichent une tête vieillotte, en décalage avec ce qui se fait sur le web. 

Les entreprises n'hésitent plus à faire appel à des agences graphiques pour soigner les interfaces de leurs applications sociales. Les éditeurs eux-mêmes recrutent des ergonomes qui suivent les derniers canons édictés par Facebook et consorts en matière de design. 

Mais qu'en pensent les utilisateurs ? Une récente enquête menée par un organisme qui a déployé un réseau social en interne révèle que les trois quarts des membres qui ont répondu (soit une petite centaine) sont indifférents au graphisme. Ils se montrent en revanche plus exigeants quant à la navigation au sein de l'outil, un quart d'entre eux avouant même être régulièrement perdu. 

En dépit de sa simplicité revendiquée, le réseau social d'entreprise nécessite un accompagnement pour faire en sorte que le plus grand nombre se l'approprie. Dans un billet publié en janvier dernier chez notre confrère 01Net, Alain Garnier, dirigeant de Jamespot, dénonçait deux idées reçues censées expliquer le succès de Facebook : on apprend tout seul à s'en servir et la simplicité fait l'usage. 

L'indispensable accompagnement

En fait, c'est grâce à l'entraide que la génération Y, et les précédentes, ont appris à se servir de Facebook. Et s'ils en font un usage intensif, c'est parce qu'il leur est utile. Ces ressorts sont parfois oubliés dans l'entreprise. 

L'effort d'accompagnement, dont le coût financier ou humain n'est pas négligeable, est encore trop souvent sous-estimé dans les projets de réseaux sociaux internes. Au-delà de la manipulation même de l'outil, il est nécessaire de lever les craintes, de préciser les enjeux. 

Les changements qu'il induit sont suffisamment importants pour prendre le temps d'expliquer les enjeux en se mettant à la porté de chacun. Les basiques ne sont pas toujours intégrés : pourquoi devrais-je mettre ma photo ? quel intérêt ai-je à remplir mon profil ? 

La mise à disposition d'un outil simple, qui plus est séduisant graphiquement, ne fait pas son adoption. Si tel était le cas, les outils de cartographie et de visualisation se vendraient comme des petits pains. 

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